samedi 9 septembre 2023

Philips PerfectDraft : Dépannage



Philips PerfectDraft : Dépannage


Aujourd'hui nous allons sortir des sentiers Arduino pour nous intéresser au dépannage d'une tireuse à bière. Certains vont penser que je m'égare, mais je ne pense pas. Cet article présente une manière de diagnostiquer une panne, et peut aider à dépanner d'autres appareils électriques ou électroniques.

Cette machine vaut plus de 200€ et son dépannage est assez aisé. Sortir le tournevis et acheter un fer à souder bon marché est donc assez rentable. Elle est en ma possession depuis 2007 et a déjà subi plusieurs interventions. La panne la plus courante est connue et concerne les trois condensateurs de sortie de l'alimentation.

Malgré que la dernière intervention ait été réalisée avec succès, j'ai constaté que la température n'avait pas atteint les 3°C requis, même au bout de deux jours. Il y a donc une deuxième panne. Nous allons les décrire une par une.

Avant tout, un petit conseil habituel : avant toute intervention sur un appareil électrique, débranchez-le, par sécurité.

1. Parlons gros sous

Cet article cherche à démontrer que remplacer un appareil en panne n'est certainement pas la solution la plus économique, et que moyennant un peu de réflexion et quelques euros, il est souvent possible de le dépanner soi-même.

Il m'est arrivé de dépanner un réfrigérateur qui avait reçu un coup de 380V suite à un accident sur la ligne EDF. Résultat : une thermistance 275V et une résistance à remplacer, pour un coût dérisoire par rapport à celui du frigo. Il est souvent possible de dépanner à moindre frais.

Si l'on prend comme exemple le coût de remplacement de l'alimentation de cette tireuse à bière, celle-ci peut se trouver sur différents sites de revendeurs de pièces détachées, pour environ 55€. Si l'on devait confier cette réparation à un dépanneur d'électroménager celui-ci n'hésiterait pas à facturer celle-ci un plus cher, car il applique sa marge de bénéfice. Si l'on ajoute à cela une heure de main d'oeuvre (entre 40€ et 80€), on peut comprendre que beaucoup hésiteraient entre faire réparer et racheter du neuf, même à plus de 200€.

Si l'on est moyennement habile de ses mains et que l'on est à même de remplacer 3 condensateurs  électrochimiques sur l'alimentation, cette réparation coûtera 1.50€.

2. L'alimentation

Comme je le disais, la panne de l'alimentation est très connue. Je vous en décris les symptômes. La machine est allumée mais les 3 voyants sur le dessus clignotent. Sur les machines récentes équipées d'un afficheur, celui-ci clignote.

Que signifie ce clignotement ? En fait, la machine démarre, puis au moment de mettre en route le module peltier chargé du refroidissement, la tension de l'alimentation s'écroule et elle redémarre.

Il faut donc démonter l'alimentation. Cette opération est assez simple. Il faut retirer le capot arrière. On trouve des vidéos et des tutoriels sur le WEB. Voici celle de Bri-Cole : 

https://www.youtube.com/watch?v=nnic07nFhR4

Cette vidéo de Elektrongeek explique plutôt bien l'intervention à réaliser pour le remplacement des condensateurs :

https://www.youtube.com/watch?v=k4tr43KoNAU

En bref, l'alimentation doit fournir environ 10.5V. En mesurant la mienne, elle atteint péniblement 5V, alors qu'elle fournit bien 10.5V à vide, si l'on débranche les fils qui la relient à la carte principale :

L'alimentation est donc incapable de fournir de la puissance. Ce premier indice est suffisant. En démontant l'alimentation, on peut souvent constater que les 3 condensateurs de gauche sont bombés :

Les voici une fois dessoudés. On voit bien qu'ils sont bombés sur le dessus :

Le remplacement de ces 3 composants se fait à l'aide d'un fer à souder et d'une pompe à dessouder, ou de tresse à dessouder. La vidéo d'Elektrongeek explique très bien la chose.

Attention, ce sont des condensateurs polarisés, il faut les ressouder dans le bon sens, comme sur la photo. Une inversion de polarité peut provoquer l'explosion de ces condensateurs.

Je ne suis pas d'accord avec Elektrongeek quant au choix des condensateurs de remplacement. Les modèles d'origine sont des 1000µF 16V 105°. Les modèles courants supportent en général plutôt 85°.

Quelle température fait-il à l'intérieur de la machine en fonctionnement ? mesurée à l'aide d'un thermomètre infrarouge,  la température des condensateurs de l'alimentation est de 42°.

Les fabricants, dans leurs datasheets, précisent quelle est la durée de vie de leurs condensateurs. Cette durée de vie est donnée pour la température maximale, c'est à dire qu'un condensateur 85° ou 105°, soumis à 42° aura une durée de vie largement supérieure à celle qui est indiquée dans la datasheet. Mais un 105° tiendra plus longtemps.

Les condensateurs de ma machine ont déjà été remplacés deux fois par des modèles REC 85°. Ils ont tenu environ 3 ans, contre 10 ans pour les condensateurs d'origine. Pour cette fois-ci, j'avais commandé à l'avance, il y a deux ans, les modèles suivants :

PANASONIC EEUFR1E102B chez TME.

  • capacité 1000µF / 25V
  • dimensions Ø10x20mm
  • température maximale 105°C
  • durée de vie 10000H
  • prix : 1.80€ les 5 pièces

Les frais de port chez TME sont élevés (environ 8€). Pour une petite commande ce n'est pas très intéressant, mais pour dépanner une machine à 200€, cela reste rentable. Libre à vous de chercher des condensateurs équivalents chez d'autres distributeurs, y compris AliExpress, Ebay ou Amazon, mais je vous déconseille de choisir des modèles 85°.

Chez Amazon, on peut trouver par exemple ceci :

Condensateur Elko 1000µF 25V105°C

12€ les dix pièces, c'est acceptable.

3. Le module peltier

Comme je le disais plus haut, la dernière intervention sur l'alimentation n'a pas été suffisante. La température du fût reste bien au dessus des 3° nécessaires.

Dans cette machine le refroidissement du fût est assuré par un module peltier. Comment s'assurer que celui-ci est en cause ?

C'est possible, sans le démonter. Normalement, la machine consomme environ 65W. Si le module peltier est défectueux, elle devrait consommer beaucoup moins.

Effectivement, le compteur Linky indique 175W lorsque la machine est débranchée, et à peine plus lorsqu'elle est branchée.

On peut également mesurer à l'aide d'un multimètre la résistance du module peltier, après l'avoir débranché. Le mien a une résistance de 1500Ω, alors qu'elle devrait plutôt avoisiner 6Ω.

Le doute n'est plus permis. Il faut le remplacer.

Où commander un module peltier 12V 60W sans se ruiner ? Les revendeurs habituels de pièces détachées fournissent ce genre de pièce pour environ 40€ à 60€.

J'ai pour ma part choisi de commander celui-ci, à 10.95€ chez GoTronic, un de mes fournisseurs habituels :

https://www.gotronic.fr/art-module-peltier-12-vcc-tec1-12706-29529.htm

On trouve également ce même module peltier moins cher sur Ebay ou AliExpress, environ 5€, mais le délai de livraison sera plus important.

La datasheet du module TEC1-12706 n'est pas très claire. Les faces chaudes et froide ne sont pas bien décrites. Je vais donc le mettre en place comme le module d'origine, fil rouge à droite. Il y a peu de chances que vous ayez la malchance de tomber sur un module ayant les faces inversées.

L'opération de remplacement est relativement simple. La vidéo de Bri-Cole est suffisamment éloquente.

Dans cette vidéo il précise bien que les surfaces en contact avec le module peltier doivent être très bien nettoyées et parfaitement propres pour recevoir le nouveau module. Comme ma machine est assez ancienne, la vieille pâte thermique était durcie et très difficile à retirer :

J'ai été obligé d'utiliser un grattoir équipé d'une lame de rasoir, et de l'acétone.

Important : il serait impensable de remonter un module peltier sans l'enduire de pâte thermique. La conduction thermique s'en trouverait fortement dégradée, et il y aurait d'autres conséquences : échauffement inutile, limitation de la durée de vie du module, surconsommation.

Plutôt que d'utiliser de la pâte thermique silicone, j'ai préféré opter pour une pâte plus haut de gamme, Arctic MX4, celle que j'utilise pour le montage de mes processeurs de PC. Elle ne pourra qu'améliorer la conduction thermique :

J'ai également une technique différente de celle de Bri-Cole pour étaler la pâte, une technique que j'utilise d'ailleurs pour le montage des processeurs de PC. Je dépose un peu de pâte au centre du module :

Ensuite je colle le module sur son réceptacle et je le presse en faisant des petits mouvements de rotation. La pâte va s'étaler toute seule, et aucune bulle d'air ne se formera.

Si les fils du nouveau module sont trop fins pour tenir dans les rainures, un petit bout d'adhésif permettra de les maintenir en place :

Je renouvelle l'opération de l'autre côté, avant de mettre en place le dissipateur aluminium. Une fois le dissipateur en place il faut le maintenir collé contre le module peltier et remettre en place les deux vis de fixation. Il faut un peu tâtonner, en déplaçant légèrement le dissipateur, jusqu'à ce que les vis entrent dans les trous.

On peut remarquer sur cette photo que j'ai été obligé de rallonger les fils du module peltier, ceux-ci étant trop courts. J'ai utilisé pour cela quelques centimètre des fils du module d'origine, un peu de soudure et de la gaine thermorétractable. 

Une dernière chose : si vous êtes amené à remplacer le module peltier, il est probable que votre machine soit assez âgée. Le dissipateur aluminium et son ventilateur sont certainement très poussiéreux. Un nettoyage s'impose, car la poussière empêche la bonne évacuation des calories, et rend le module peltier moins efficace. Un pinceau suffit, ou une soufflette pour ceux qui sont équipés d'un compresseur.

Comme le précise Bri-Cole dans son tutoriel, il ne faut jamais faire tourner un ventilateur à la main lorsqu'il est relié à la carte électronique. Cela pourrait générer un courant non négligeable, et griller celle-ci. Il est préférable de débrancher le ventilateur avant tout nettoyage, surtout à la soufflette !

Pour ma part, ce nettoyage a lieu une fois par an en début d'été, et ce n'est pas inutile, loin de là. Afin de faciliter l'accès au dissipateur, le capot arrière est simplement remis en place, mais sans ses vis de fixation.

Il ne reste plus qu'à tester, en ayant remis le fût en place. Le compteur Linky indique 175W lorsque la machine est débranchée, et 241W lorsqu'elle est branchée, ce qui fait 66W de différence, ce qui est correct.

Ensuite, il faut laisser la machine tourner quelques minutes, retirer le fût et mettre la main sur son réceptacle métallique. Il doit être froid. S'il est chaud, c'est que le module peltier a été monté à l'envers. Je ne parle pas du sens de branchement des fils rouge et noir, mais bien d'une inversion des faces chaude et froide lors de la mise en place du module.

Le temps de refroidissement d'un fût neuf est en général de 12 à 15 heures. Si le fût n'a toujours atteint 3° au bout de 20 heures, il peut y avoir plusieurs causes :

  • les surfaces du dissipateur et du support du module peltier n'ont pas été suffisamment nettoyées
  • la pâte thermique est de mauvaise qualité
  • le dissipateur n'est pas correctement plaqué sur le module peltier
  • le local où se trouve la tireuse est trop chaud. J'ai déjà remarqué qu'au dessus de 25° le module peltier ne parvient pas à refroidir le fût à 3°

Dans mon local, dont la température est de 23.5°, le fût était à bonne température le lendemain matin. La réparation s'est donc bien déroulée, et le module peltier TEC1-12706 joue parfaitement son rôle.

4. Le robinet

J'ai également changé le robinet de la machine il y a quelques années, pour cause de fuite :

Je l'ai commandé directement chez Philips, pour un prix très abordable :

https://www.philips.fr/c-p/HD5038_01/unite-de-robinet-a-biere-philips

Un robinet défectueux peut occasionner une fuite capable de vider un fût en une nuit. Ne pas hésiter à le changer s'il donne des signes de faiblesse.

Un autre détail important : ne jamais rincer l'intérieur du robinet à l'eau. L’aluminium se corrode facilement et cela peut à long terme accélérer l'usure.

5. Conclusion

Voici une petite réparation facile et bon marché. Cette machine a maintenant 16 ans et elle a fonctionné sans problème et sans interruption pendant ses 10 premières années, soit pas loin de 90000 heures ! J'estime que sa fiabilité est plutôt satisfaisante, et pour peu qu'on s'en donne la peine, on peu facilement doubler sa durée de vie.

Il ne me reste qu'à vous souhaiter une bonne santé !


Cordialement

Henri


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Henri 

 

vendredi 18 août 2023

Passage de triphasé en monophasé

 


Passage de triphasé en monophasé

Un peu en marge de mes articles consacrés à l'électronique et au logiciel, voici quelques informations qui peuvent intéresser ceux qui ont une vieille installation triphasée et désireraient changer pour du monophasé.

En effet, si l'on cherche sur le WEB comment réaliser cette opération assez simple, il est quasiment impossible de réunir absolument toutes les informations nécessaires.

La personne que j'ai eu au téléphone lorsque j'ai fait ma demande a été incapable de me renseigner de manière précise. Elle m'a simplement conseillé de passer par un électricien.

1. Contraintes liées au triphasé

Le triphasé est intéressant quand on possède des appareils triphasés (machines outils, four, etc.). Si l'on possède un ou plusieurs appareils de ce type, il est difficile de se passer de ce mode de distribution.

Attention, dans une habitation certains appareils triphasés ne sont pas reconnaissables au premier coup d’œil. Si l'appareil est branché sur une prise, la taille de celle-ci n'est pas un indice suffisant, il vaut mieux débrancher l'appareil :

Ceci est bien une prise triphasée.

Par contre celle-ci est monophasée 32A :

Certains appareils peuvent être branchés sur une sortie de câble :

  • chauffe-eau
  • cuisinière
  • etc.

Il vaut mieux démonter le cache pour inspection, à moins que le câblage soit visible côté appareil :

  • 1 fil rouge + 1 fil bleu + 1 fil jaune/vert : appareil monophasé
  • 3 fils rouges + 1 fil bleu + 1 fil jaune/vert : appareil triphasé 230V
  • 3 fils rouges + 1 fil jaune/vert : appareil triphasé 380V
Le deuxième cas correspond à ce que l'on appelle un câblage en étoile, le troisième cas correspond à ce que l'on appelle un câblage en triangle :


Certains appareils triphasés 230V peuvent être convertis en monophasé. Pour un chauffe-eau par exemple il suffit de brancher les trois résistances en parallèle. Par contre si c'est un modèle 380V (câblage en triangle), en 230V il ne fournira même pas la moitié de sa puissance, et il vous faudra ajouter un fil de neutre.

C'est une question de choix personnel. Si l'habitation est équipée d'appareils triphasés non transformables en monophasé, et si leur remplacement est coûteux, autant rester en triphasé.

Si l'habitation est équipée uniquement d'appareils monophasés, il y a certaines contraintes :

Pour un abonnement 6KW par exemple, la puissance maximale que l'on peut consommer est de 2KW par phase.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, si l'on consomme seulement sur une seule phase, on peut aller jusqu'à 3.5KW.

Par contre, si l'on met en route un appareil consommant 2KW, et que par malchance le cumulus de 2KW se met en route également, le compteur Linky se coupe, et il affiche "Puissance dépassée".

On comprend assez vite qu'en triphasé, malgré un abonnement 6KW, suffisant dans la majeure partie des cas, il est assez difficile d'équilibrer les phases pour avoir un fonctionnement optimal. Rien qu'en cuisine, si celle-ci est alimentée par la même phase, la mise en route simultanée d'une plaque de cuisson (1000W), d'un grille-pain (1500W) et d'une bouilloire (2000W) provoque une coupure, alors qu'en monophasé, cela passerait sans problème.

La première solution est d'augmenter la puissance disponible, avec à la clé une augmentation du tarif de l'abonnement. Pour passer de 6KW à 12KW, il en coûtera 226.68€ au lieu de 149.28€ par an.

2. Passer au monophasé

Si l'on veut profiter pleinement des 6KW disponibles, passer au monophasé est une solution qui permet de ne pas augmenter le tarif de l'abonnement.

Il y a une autre raison : certains appareils triphasés coûtent bien plus cher que leur équivalent monophasé. La différence de prix entre une pompe à chaleur triphasée et monophasée peut avoisiner 1000€. Autant investir dans une modification en monophasé qui coûtera bien moins cher.

2.1. Marche à suivre

Si vous avez pris la décision de passer en monophasé, la première chose à faire est d'appeler votre fournisseur d'énergie qui fixera un rendez-vous pour l'intervention. Le délai peut varier de quelques semaines à plus d'un mois. Cela vous laisse le temps de faire les modifications nécessaires, ou de contacter un électricien si vous ne vous sentez pas à même de les faire vous-même.

N'hésitez pas à prendre un peu d'avance. Votre installation doit être prête pour le jour de l'intervention du technicien ENEDIS, mais ne tardez pas trop. D'une part, selon la configuration de l'installation et son ancienneté, sa modification peut prendre plus ou moins de temps. D'autre part, en cas d'oubli ou d'erreur de votre part, il vaut mieux avoir quelques jours devant soi afin de pouvoir effectuer les corrections.

Comme dit plus haut, le passage en monophasé peut entraîner quelques modifications lourdes, comme le remplacement d'un chauffe-eau par exemple.

Entre le moment où votre installation est convertie en monophasé et le moment où le technicien ENEDIS va remplacer votre compteur, votre installation sera incapable de délivrer sa puissance maximale, soit 3,5KW pour un abonnement 6KW. Il va falloir tenir avec cette puissance réduite pendant quelques jours. Par exemple il vous sera impossible de démarrer une cuisson au four pendant que le chauffe-eau ou le lave-linge est en marche. Il est possible de brancher le chauffe-eau sur un programmateur afin de l'alimenter uniquement à certains moments bien choisis de la journée. Le lave-linge peut être également être démarré en différé.

2.2. Quel est le coût ?

L'intervention de l'agent ENEDIS implique le remplacement du compteur et du disjoncteur principal par des modèles monophasés. Il vous en coûtera exactement 150€.

Si vous désirez augmenter la puissance, il se peut que la section des fils aériens ou enterrés arrivant au compteur soit insuffisante. Dans ce cas, ENEDIS peut vous facturer une partie des frais de remplacement.

2.3. Le tableau existant

Le tableau peut être équipé de différentes manières suivant sa vétusté.

2.2.1. Disjoncteurs

Si des disjoncteurs sont déjà en place, l'opération sera simple. Une heure suffira.

2.3.2. porte-fusibles bipolaires

Si le tableau est équipé de porte-fusibles bipolaires, on peut laisser l'installation telle quelle, ou les remplacer par des disjoncteurs bipolaires et recâbler à l'identique.

Un porte-fusible bipolaire possède deux bornes d'entrée et deux bornes de sortie :

2.3.3. porte-fusibles unipolaires

Un porte-fusible uinipolaire possède une borne d'entrée et une borne de sortie :

Seuls les fils rouges sont protégés. Les fils bleus sont tous réunis sur une barrette de neutre :

Les nouvelles normes les interdisent depuis longtemps. Il faudra les remplacer par des disjoncteurs bipolaires. Je pense que dans ce cas il vaut mieux inspecter l'intérieur du tableau.

Il est absolument indispensable que les fils rouges et bleus soient correctement appairés sur les sortie de chaque disjoncteur.

On peut déjà commencer par faire les comptes. Le nombre de fils rouges sortant des porte-fusibles doit être égal au nombre de fils bleus sur la barrette de neutre, +1 pour le fil bleu d'arrivée de forte section. Si c'est le cas, c'est déjà une très bonne chose.

Si l'installation a été réalisée par un professionnel, c'est en général très simple. Il est facile de repérer les couples de fils bleu & rouge à l'intérieur du tableau. Ils sortent généralement de la même gaine.

Si par contre l'installation a été réalisée par un amateur, plusieurs couples de fils bleu & rouge peuvent arriver par la même gaine. Et il va falloir les distinguer. Il se peut que chaque couple ait une section différente, dans ce cas il n'y a pas de question à se poser.

Sinon, une solution consiste à appairer les fils au hasard. Les fils rouges étant déjà en place, on peut relier les fils bleus dans n'importe quel ordre sur les sorties des disjoncteurs concernés. Après avoir réarmé le disjoncteur principal, couper chaque disjoncteur à tour de rôle. Si l'installation fonctionne, comme voulu vous avez eu de la chance. Dans le cas contraire, inverser les fils bleus. Bien entendu, c'est facile avec deux paires de fils, au delà, cela prend plus de temps.

La pire des situations est celle où plusieurs fils rouges sortent d'une même gaine, et qu'un seul fil de neutre les accompagne. Dans ce cas, il est assez difficile d'ajouter un fil de neutre dans une gaine sur une installation existante. On peut dans un premier temps relier les sorties neutre des disjoncteurs entre elles, mais ce n'est pas une solution très sécurisante. Les normes actuelles l'interdisent.

2.3.4. Câbles d'arrivée

Les câbles reliant le disjoncteur principal et le tableau doivent être également inspectés. Leur section doit être suffisante :

  • 6mm² pour 6KW
  • 10mm² pour 9KW
  • 16mm² pour 12KW

Normalement, en triphasé, chaque fil de phase doit supporter le tiers de la puissance, et le fil de neutre la totalité. Dans une installation correctement dimensionnée, les fils de phase et de neutre doivent cependant être prévus pour supporter la totalité de la puissance, et avoir la même section, car l'équilibrage des phases n'est jamais parfait. Mais il vaut mieux vérifier.

2.4. Comment faire ?

Pour votre sécurité, avant toute intervention, couper le courant à l'aide du disjoncteur principal.

Tout d'abord voici quelques images de mon tableau électrique :

On peut remarquer que les différents porte fusibles sont étiquetés, ce qui est déjà une chance !

Mais l'installation date des années 1980. Les porte-fusibles sont des modèles unipolaires, ce qui est interdit à l'heure actuelle.

Sous le tableau principal se trouvent deux petits coffrets équipés de porte-fusibles triphasés (cuisinière et hangar) et d'un disjoncteur triphasé. On constate la présence d'une cuisinière dont le four est triphasé !

Comme j'ai remplacé cette vieille cuisinière par une plaque de cuisson et un four électrique monophasés, rien ne m'empêche plus de passer au monophasé.

On voit plus bas la répartition des trois phases du tableau principal. 3 bornes permettent de connecter les 3 fils de phases 10mm².

Ces fils sont suffisants pour du 6KW.

On voit également, sous les porte-fusibles, à gauche la barrette cuivre regroupant les fils bleus de neutre, à droite celle de terre.

Deux porte-fusibles bipolaires sont présents, le premier et le dernier, un ajout récent sans doute.

Quelles sont les opérations à prévoir ?

Pour respecter les normes actuelles, il serait bon de remplacer les porte-fusibles par des disjoncteurs bipolaires.

Egalement, un interrupteur différentiel ne ferait pas de mal, ainsi qu'une prise.

Voici le tableau après modifications : 

Deux fils de phase ont été supprimés, un seul a été conservé. Deux bornes reçoivent le fil de neutre (bleu) et le fil de phase (rouge), et deux peignes permettent la distribution sur les  autres disjoncteurs :

2.4.1. Cas des disjoncteurs et des porte-fusibles bipolaires

Si le tableau est équipé de disjoncteurs ou de porte-fusibles bipolaires, il n'y a rien d'autre à faire, sauf si vous désirez remplacer les porte-fusibles par des disjoncteurs.

Dans ce cas, il faudra retirer tous les câbles d'arrivée, et remplacer chaque porte-fusible par un disjoncteur, et recâbler les 2 sorties à l'identique. Travailler disjoncteur par disjoncteur, éviter de décâbler tous les fils en même temps, ce sera plus facile.

2.4.2. Cas des porte-fusibles unipolaires

Dans ce cas, le fil de neutre arrive du disjoncteur principal jusqu'à une barrette de neutre.

On doit donc basculer le fil de neutre sur l'entrée N des disjoncteurs.

Les fils rouges sortant par le bas des porte-fusibles sont simplement replacés sur les sorties phase (à droite) de chaque disjoncteur, à l'identique.

Jusqu'ici, c'est relativement simple. Si l'on en a assez pour aujourd’hui, on peut très bien laisser le fil d'arrivée bleu sur la barrette de neutre, l'installation doit fonctionner comme auparavant, sauf qu'elle est devenue monophasée.

La dernière opération à réaliser est d’appairer les fils de neutre et de phase pour que chaque disjoncteur  puisse couper phase et neutre simultanément. Pour cela il faut ouvrir le coffret supportant le tableau et travailler à l'intérieur, afin de pouvoir repérer les couples de fils qui sortent des gaines.

Une fois toutes les sorties neutre des disjoncteurs reliées, la barrette de neutre doit être vide. Sur la photo ci-dessus, c'est bien le cas.

Voici le tableau terminé :

L'ancien petit coffret à 6 modules n'était pas assez haut pour recevoir des bornes de raccordement :

Ces bornes sont absolument nécessaires au raccordement correct des fils d'arrivée. On peut difficilement glisser ceux-ci dans un disjoncteur ou dans un différentiel, surtout si un peigne est nécessaire. En tous cas la section d'un câble de 10mm² ou 16mm² rend cette opération difficile. Avec du 6mm² cela peut s'envisager.

Un deuxième tableau a donc été ajouté. Il accueille :

  • un disjoncteur 32A : plaque de cuisson et four
  • un disjoncteur 16A : chaudière
  • un interrupteur différentiel
  • un disjoncteur 32A : hangar
  • une prise

Seuls les deux premiers disjoncteurs sont non protégés par le différentiel. La sortie du différentiel alimente donc l'ancien tableau, le disjoncteur du hangar, et la prise :

En haut à gauche, les deux fils 16mm² venant du disjoncteur principal.

2.5. Les prises triphasées

Il y a de fortes chances que l'habitation ou ses dépendances soit équipée de prises triphasées. Il faudra les remplacer par des prises monophasées.

S'il s'agit de prises 3 pôles + terre, il faudra retirer les 4 fils et repasser 3 fils rouge, bleu, vert/jaune. 

S'il s'agit de prises 4 pôles + terre, on peut de contenter d'utiliser un seul fil rouge sur les 3. Le plus difficile sera de choisir le bon fil, côté prise et côté tableau. On peut procéder par essais successifs, ou s'aider d'un multimètre.

2.6. Problèmes éventuels

Vous avez besoin de plus de puissance, car par exemple vous comptez faire installer une pompe à chaleur ?

Dans ce cas, il faut probablement remplacer les fils entre le disjoncteur principal et votre tableau par des fils de plus forte section :

  • 6mm² pour 6KW
  • 10mm² pour 9KW
  • 16mm² pour 12KW

Cette opération est réalisable soi-même, car tout le matériel en aval du disjoncteur principal vous appartient.

Actuellement, aucun fil autre que ceux appartenant à ENEDIS ne doit se trouver dans le coffret ENEDIS.

Dans certaines installations anciennes, les fils reliant le disjoncteur principal et le tableau passent par l'intérieur du coffret bois EDF, et comme souvent le coffret EDF et le coffret du tableau sont accolés, un trou est pratiqué entre les deux pour le passage des deux câbles.

Si c'est votre cas, vous pouvez attendre le passage du technicien ENEDIS, qui retirera lui-même les anciens fils et vous laissera câbler les nouveaux, à moins qu'il n'ait la gentillesse de le faire lui-même.

Généralement le coffret EDF ou ENEDIS est scellé. Je vous déconseille de desceller celui-ci.

3. Conclusion

Avec quelques connaissance en électricité il est parfaitement possible de transformer soi-même un tableau triphasé en monophasé.

Avant de se lancer, il convient de faire une inspection minutieuse, afin d'éviter les surprises.

Faites soigneusement vos courses, n'oubliez rien :

  • fils d'arrivée si vous devez les remplacer
  • disjoncteurs
  • différentiel
  • bornes
  • peignes
  • prise de tableau

Et surtout évitez de faire quoi que ce soit quand les fournisseurs de matériel sont fermés. Un oubli, ou une erreur, est toujours possible.


Cordialement

Henri

Juillet 2023 : Actualité des Blogs du Mois

     


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Cordialement

Henri 

 

mardi 15 août 2023

ESP32 : Micro-irrigation Connectée (3ème partie)

 


ESP32 : Micro-irrigation Connectée (3ème partie)


Cet article fait suite à ceux-ci :

ESP32 : Micro-irrigation Connectée (1ère partie)

ESP32 : Micro-irrigation Connectée (2ème partie)

Pour rappel, le projet se trouve ici :

https://bitbucket.org/henri_bachetti/esp32-sprinkle-timer

1. Le hardware

Du côté matériel, le capteur d'humidité et le capteur de débit sont présents : 

  • capteur d'humidité : GPIO36 (broche SVP)
  • capteur de débit : GPIO39 (broche SVN)

Contrairement à ce que je pensais, l'ESP32 est tout à fait capable de mesurer une tension analogique de 3.3V, ou plutôt la librairie ARDUINO fait ce qu'il faut pour que cela soit possible. Le pont diviseur R3 R5 disparaît du schéma (paragraphe 5).

En ce qui concerne le capteur de débit, la mesure renvoie des valeurs non nulles pour un débit de zéro. Il faut que je fasse des essais afin de voir s'il ne s'agirait pas d'un problème d'alimentation. Il est alimenté par la broche 5V de l'ESP32 et celui-ci est alimenté par l'USB. Comme il ne reste que 4.7V, ce n'est peut-être pas suffisant.

L'écran OLED est connecté, ainsi que le bouton fonction et arrosage manuel: 

  • SDA : GPIO21
  • SCL : GPIO22
  • bouton fonction : GPIO35
  • bouton arrosage manuel : GPIO34

Comme il n'y a pas de résistance de PULLUP interne sur les GPIOS 35 et 34, il faut en ajouter une sur le schéma entre GPIO35, GPIO34 et 3.3V : 10KΩ.

2. La configuration

2.1. config.ini

Le paramétrage des capteurs a été ajouté :

[moisture]
sensor=36
max=50

[flow]
sensor=39
max=10

2.2 Schedule.ini

Ce fichier reste inchangé, mis à part que deux périodes d'arrosage ont été ajoutées :

[courges.voie1]
schedule1=08:00,15

[massif.voie1]
schedule1=08:30,15

3. L'interface HTML

La page d'accueil comporte maintenant des boutons permettant de modifier les périodes d'arrosage et même d'en ajouter : 

Cliquer sur l'un des boutons CONFIGURE permet d'accéder à un formulaire :

Il suffit de modifier les valeurs et de cliquer sur OK pour enregistrer les changements. Les changements sont stockés dans le fichier schedule.ini.

En cliquant sur le bouton AJOUTER on accède à un formulaire à peine différent :

Le formulaire propose une liste des zones existantes.

Attention il n'y a pas pour l'instant de contrôle de validité sur ces deux formulaires. Il faut bien respecter le format de saisie HH:MM.

Les durées sont exprimées en minutes.

Le bouton maintenance permet d'accéder au menu suivant :

Les actions suivantes sont possibles :

  • tester les relais
  • afficher le fichier config.ini
  • afficher le fichier schedule.ini

Il est donc possible de sauvegarder ces deux fichiers avant une mise à jour des fichiers HTML. Les fichiers HTML et les fichiers de configuration (.ini) sont situés dans le même répertoire data du projet. Les fichiers de configuration seraient donc écrasés à la prochaine mise à jour si l'on ne prend pas de précautions.

4. L'écran OLED

L'afficheur montre la date et l'heure, ainsi que l'humidité et le débit :

Un appui sur le bouton fonction permet l'affichage de l'adresse IP de l'ESP32 pendant 4 secondes, puis de l'heure du prochain arrosage pendant 4 secondes, puis l'affichage revient à la normale.

Un appui sur le bouton d'arrosage manuel provoque l'affichage du premier arrosage manuel possible et de sa durée :

En appuyant plusieurs fois sur ce bouton on peut faire défiler les noms des voies. Un appui sur le bouton fonction déclenche l'arrosage manuel sur la voie choisie.

5. Rappels

Ce logiciel a besoin d'être compilé en utilisant les librairies suivantes :

ESPAsyncWebServer : https://github.com/me-no-dev/ESPAsyncWebServer

SPIFFSIniFile : https://github.com/yurilopes/SPIFFSIniFile

SSD1306 : https://github.com/adafruit/Adafruit_SSD1306

GFX : https://github.com/adafruit/Adafruit-GFX-Library

ezButton : https://github.com/ArduinoGetStarted/button

Quelques constantes peuvent être modifiées dans le code :

// max line length in config file
#define MAX_LINE 250
// max definition length for object names (relays, ways, zones, etc.)
#define MAX_DEF 50
#define MAX_BUF 30

// max ways and relays number
#define MAX_WAY 128
// max zones number
#define MAX_ZONE 12
// max waterings number in a day for each way
#define MAX_SCHEDULE 4
// max waterings number in a day for all ways
#define MAX_WATERING 256

On voit par exemple que le nombre d'arrosages par voie est limité à 4 par jour, ce qui me semble amplement suffisant. On peut bien entendu ajuster certaines valeurs, mais attention, celles-ci ne sont pas modifiables ultérieurement par l'interface HTML.

Pour le reste, relire l'article précédent : 5. Essayer

6. Le code

Le code, comme on peut s'en douter, n'est pas constitué d'un seul sketch, il serait énorme et illisible.

Voici une liste des fichiers :

esp32-sprinkle-timer.ino : le sketch principal
config.cpp, config.h : lecture du fichier de configuration config.ini
constants.h : constantes
flow.cpp, flow.h : capteur de débit
hmi.cpp, hmi.h : interface homme/machine sur l'écran OLED
html.cpp, html.h : interface homme/machine HTML
humidity.cpp, humidity.h : capteur d'humidité
module.cpp, module.h : gestion des modules (GPIOs, MCP23017, etc.)
oled.cpp, oled.h : écran OLED
relay.cpp, relay.h : gestion des relais
schedule.cpp, schedule.h : lecture du fichier de configuration schedule.ini
valve.cpp, valve.h : gestion des vannes
watering.cpp, watering.h : gestion des arrosages
way.cpp, way.h : gestion des voies
zone.cpp, zone.h : gestion des zones

Je veux bien admettre que ce code commence à devenir très conséquent, mais la complexité ne se gère pas avec simplicité. En opérant un découpage en modules simples, on peut toutefois réduire cette complexité et améliorer la lisibilité.

7. Conclusion

Les difficultés sont immenses car ce logiciel est hyper-paramétrable, et le temps manque. En effet, on peut difficilement s'occuper d'un jardin de 45m², récolter, cuisiner, faire des conserves, gérer un poulailler, aménager une nouvelle habitation, modifier son circuit électrique, et faire du développement logiciel en parallèle.

La période hivernale sera certainement plus productive en lignes de code. Patience ...


Cordialement

Henri

8. Mises à jour

18/08/2023 : ajout de l'écran OLED et du bouton fonction
22/08/2023 : ajout du bouton d'arrosage manuel


mercredi 3 mai 2023

ESP32 : Micro-irrigation Connectée (2ème partie)

 


ESP32 : Micro-irrigation Connectée (2ème partie)


Cet article fait suite à celui-ci :

ESP32 : Micro-irrigation Connectée (1ère partie)

Démarré en novembre, ce projet a bien progressé ces derniers jours. C'est l'occasion de donner un état d'avancement.

Pour rappel, le projet se trouve ici :

https://bitbucket.org/henri_bachetti/esp32-sprinkle-timer

1. La configuration

Les fichiers de configuration sont lus grâce à cette librairie :

SPIFFSIniFile

Elle est directement installable depuis le gestionnaire de bibliothèques de l'IDE.

1.1. config.ini

La configuration, un fichier config.ini chargé dans le système de fichier SPIFFS, n'a pas fondamentalement évolué, ce qui est bon signe. Par contre le logiciel exploite de nouvelles données : la configuration des zones d'arrosage.

Avant tout, il s'agit de bien comprendre les paramètres de ce fichier :

  • [relays] modules : la liste des modules :
    • gpio-1 : gestion des GPIOs de l'ESP32
    • mcp23017-1(0x20) : gestion des GPIOs d'un MCP23017 (adresse I2C 0x20)
    • mcp23017-2(0x21) : gestion des GPIOs d'un autre MCP23017 (adresse I2C 0x21)
  • [relays] gpio-1=GPIO-L(4), GPIO-L(5), etc. : liste des GPIOs de l'ESP32
  • [relays] mcp23017-1=I2C-H(0-15) : liste des sorties du MCP23017 N°1
  • [relays] mcp23017-2=I2C-H(0-15) : liste des sorties du MCP23017 N°2
  • [valve] main=gpio-1.0 : la sortie sur laquelle se trouve la vanne principale
  • [zones] zones=potager, courges, massif : la liste des zones
  • [potager] ways=tomates(gpio-1.2), etc. : la liste des voies d'arrosage pour cette zone

Les relais sont décrits avec une syntaxe donnant divers renseignements :

  • type-niveau(gpio) :
    • type : le type du module (GPIO ou I2C)
    • niveau : bas ou haut (L ou H) qui représente le niveau de commande du relais
    • gpio : le N° de la GPIO. Il peut s'agir d'une liste

Les modules relais du commerce sont activables par un niveau haut ou bas :

  • digitalWrite(pin, HIGH);
  • ou :
  • digitalWrite(pin, LOW);

Certains relais possèdent même un cavalier permettant de changer le niveau. Cette configuration permet d'indiquer au logiciel le type de relais que l'on utilise.

Exemples : 

  • GPIO-L(4), GPIO-L(5), GPIO-L(13), GPIO-L(14), GPIO-L(15), GPIO-L(16), GPIO-L(17), GPIO-L(18) : 8 GPIO de l'ESP32 commandent des relais activable par un niveau bas
  • I2C-H(0-15) : les 16 GPIOs d'un module I2C commandent des relais activables par un niveau haut

Par la suite, chaque voie d'arrosage va être associée à un relais. Pour ce faire, on ne va pas utiliser la même syntaxe, ce qui serait redondant et source d'erreurs. Les relais sont donc nommés comme ceci : 

  • module.index
    • module : le nom du module
    • index : l'index à partir de ZERO
Exemples : 

  • gpio-1.0 : la première GPIO du module gpio-1. Dans l'exemple précédent il s'agit donc de GPIO-L(4), GPIO-L(5) étant la deuxième (gpio-1.1), etc.
  • mcp23017-1.3 : la quatrième GPIO du module mcp23017-1

Une voie d'arrosage est le moyen physique d'arroser un point précis d'une zone. Elle est forcément associée à une GPIO, à un relais (ou un MOSFET), et à une vanne avec ses tuyaux et goutteurs.

Une zone est une zone géographique, normalement alimentée par sa propre arrivée d'eau. Elle regroupe un certain nombre de voies d'arrosage. Cette notion est totalement inutile d'un point de vue logiciel, sauf que plusieurs voies d'arrosage peuvent porter le même nom, si elles sont situées dans des zones différentes :

[zones]
zones=potager1, potager2

[potager1]
ways=tomates(gpio-1.2), courgettes(gpio-1.3), menthe(gpio-1.4), salades(gpio-1.5)

[potager2]
ways=tomates(gpio-1.6), courgettes(gpio-1.7)

On voit ici que deux voies tomates et deux voies courgettes existent, commandées par des GPIOs différentes bien sûr.

Dans la description des horaires d'arrosage (voir plus loin 1.3. schedule.ini), ces différentes voies seront nommées par rapport à leur zone d'appartenance (ce qui permet de les différencier) : 

  • potager1.tomates
  • potager2.tomates
  • potager1.courgettes
  • potager2.courgettes

La configuration des multiples voies d'une zone a été simplifiée par rapport à celle décrite dans l'article précédent. Elle se fait maintenant sur une seule ligne : 

[zones]
zones=potager, courges, massif

[potager]
ways=tomates(gpio-1.2), courgettes(gpio-1.3), menthe(gpio-1.4), salades(gpio-1.5)

[courges]
ways=voie1(gpio-1.6)

[massif]
ways=voie1(gpio-1.7)

Enfin, le dernier paramètre est la durée d'arrosage manuelle par défaut, en minutes :

[manual] duration=10

1.1.1 Exemples

Deux exemples de configuration sont fournis (dossier examples) : 

config.small.ini : un module 8 relais

config.mcp23017.ini : un module 8 relais + un module MCP23017

Un module MCP23017 peut piloter 16 MOSFETs ou 16 relais. Pour essayer le logiciel dans cette configuration, le module MCP23017 suffit. Il doit être relié aux broches I2C de l'ESP32 : GPIO21 & GPIO22.

Il suffit de copier l'un ou l'autre dans le répertoire data et de le renommer en config.ini. Renseigner ensuite la variable permettant l'accès au réseau WIFI : 

[WIFI]
access-point=SSID:ABCDEFGHIJ

Charger les fichiers du dossier data à l'aide du menu de l'IDE : "ESP32 sketch data upload".

Voici un exemple simple et commenté :

[WIFI]
' remplacer SSID et ABCDEFGHIJ par vos identifiants
access-point=SSID:ABCDEFGHIJ

[relays]
' un seul module gpio-1, gérant 8 GPIO de l'ESP32 (4, 5, et 13 à 18)
modules=gpio-1
gpio-1=GPIO-L(4), GPIO-L(5), GPIO-L(13), GPIO-L(14), GPIO-L(15), GPIO-L(16), GPIO-L(17), GPIO-L(18)

[valve]
' vanne principale sur les deux premières GPIO 4 et 5
main=gpio-1.0, gpio-1.1

[zones]
' 3 zones d'arrosage
zones=potager, courges, massif

[potager]
' 4 voies d'arrosage pour cette zone sur les GPIOs 13 à 16
ways=tomates(gpio-1.2), courgettes(gpio-1.3), menthe(gpio-1.4), salades(gpio-1.5)

[courges]
' 1 voie d'arrosage pour cette zone sur la GPIO 17
ways=voie1(gpio-1.6)

[massif]
' 1 voie d'arrosage pour cette zone sur la GPIO 18
ways=voie1(gpio-1.7)

[manual]
' durée d'arrosage manuel : 10 minutes
duration=10

1.2. Erreurs

Si une erreur est détectée dans le fichier de configuration, celle-ci est signalée sur le moniteur série : 

way::create voie1gpio-1.6)
voie1gpio-1.6): bad format, missing parenthesis
voie1gpio-1.6): error creating way
configuration failed

On voit bien ici qu'il manque une parenthèse :

voie1gpio-1.6)

La bonne syntaxe est : voie1(gpio-1.6)

1.3. schedule.ini

Un nouveau fichier a été créé : schedule.ini

Ce fichier décrit la programmation des zones d'arrosage :

  • heure de début
  • durée
  • arrosage systématique ou non en fonction du capteur d'humidité

[potager.tomates]
schedule1=06:00,15,*
schedule2=20:00,15,*

Cette section par exemple, décrit l'arrosage des tomates dans le potager :

  • un premier arrosage à 6H00 pendant 15 minutes
  • un deuxième arrosage à 20H00 pendant 15 minutes

Le caractère * signifie que l'arrosage est systématique, indépendant du capteur d'humidité. Si ce caractère est absent, l'arrosage sera dépendant du capteur :

[potager.courgettes]
schedule1=06:30,15
schedule2=20:30,15

1.4. Vanne motorisée

Une vanne motorisée (3 fils) nécessite d'être pilotée par deux relais, un pour l'ouverture, l'autre pour la fermeture. Ce genre de vanne met un certain temps à s'ouvrir et se fermer, environ 10 secondes, ce qui fait que le code nécessite un timer (la librairie ESP32 Ticker convient très bien).

Le logiciel est capable de prendre en compte une vanne motorisée comme vanne principale :

[valve]
main=gpio-1.0

Ce paramètre indique que la vanne principale est non motorisée, commandée par la GPIO-1.0

[valve]
main=gpio-1.0, gpio-1.1

Ce paramètre indique que la vanne principale est motorisée, commandée par les GPIO-1.0 et GPIO-1.1.

2. Arrosage automatique

La fonction loop() vérifie toutes les minutes qu'un arrosage automatique est nécessaire ou non, et le stoppe au moment adéquat.

L'interface HTML décrit les différentes voies d'arrosage configurées :

3. Arrosage manuel

L'interface graphique HTML montre également un bouton DEMARRER en face de chaque voie d'arrosage. Il suffit de cliquer sur ce bouton pour démarrer un arrosage manuel, après avoir saisi la durée dans le champ de saisie en haut à droite.

Lorsqu'un arrosage manuel est lancé, le bouton change de libellé (ARRETER), et un compteur affiche le temps restant, en minutes et secondes : 

Un clic sur le bouton ARRETER permet d'arrêter l'arrosage manuel.

On peut lancer plusieurs arrosages manuels simultanés.

3.1. Quelques explications techniques

Le pilotage de l'arrosage manuel est fait de manière autonome par l'ESP32, c'est à dire que l'on peut sans problème fermer le navigateur une fois l'arrosage lancé, ce qui ne serait pas le cas si j'avais choisi de piloter l'arrosage dans le code JavaScript. Ici, le code JavaScript se contente de demander régulièrement à l'ESP32 quel est le temps restant.

Pour les connaisseurs, le code JavaScipt envoie une requête HTTP à l'ESP32 via une WEB socket. Voir la fonction getData() de index.html.

4. HTML

Dans sa première version ce logiciel a été développé avec le librairie WebServer. Je me suis vite aperçu que sans AsyncWebServer et sa gestion de fichiers stockés en FLASH (SPIFFS), et surtout sa gestion des templates, le développement serait beaucoup trop complexe.

Installez cette librairie :

https://github.com/me-no-dev/ESPAsyncWebServer

Il s'en suit que le code HTML n'est plus intégré dans le code C++ du projet, mais dans le filesystem SPIFFS : index.html

4.1. Quelques explications tecniques

On peut remarquer deux choses dans ce code :

La présence de deux balises spéciales (place holders) :
  • %PLACEHOLDER_MANUAL_DURATION% : durée de l'arrosage manuel
  • %PLACEHOLDER_WATERINGS% : la liste des arrosages, sous forme de table HTML
Certains caractères % sont doublés, par exemple :

.mytable th { background-color:#BDB76B; color:white; width:50%%; }

Il s'agit probablement d'un bug de la gestion des templates AsyncWebServer, que j'ai contourné en utilisant cette astuce, un peu comme on le ferait avec printf() ou sprintf().

Pour résumer le principe, AsyncWebServer, après avoir lu le fichier index.html, va remplacer les place holders par leur vraie valeur :

  • %PLACEHOLDER_MANUAL_DURATION% : 10
  • %PLACEHOLDER_WATERINGS% : la table HTML des arrosages

Le remplacement est fait par une fonction située dans le fichier html.cpp

String templateProcessor(const String& var)
{
  if (var == "PLACEHOLDER_MANUAL_DURATION") {
    return String(Watering::manualDuration());
  }
  else if (var == "PLACEHOLDER_WATERINGS") {
    return wateringsTable;
  }
  return "";
}

5. Essayer

Pour essayer ce logiciel, il est nécessaire de connaître certains détails : 

Si la carte choisie est l'ESP32 DevKitC, La carte a sélectionner dans le menu Outils / Type de Carte est  la suivante : ESP32 Dev Module.

La configuration hardware actuelle est la suivante :
  • un module à 8 relais sur GPIO4, GPIO5, GPIO13 à GPIO18
  • un module MCP23017 connecté au bus I2C (si l'exemple config.mcp23017.ini est choisi)

Ceux qui sont à l'aise avec ces petits détails n'auront aucun mal à essayer ce logiciel dans sa version actuelle.

6. Conclusion

Ce projet n'est pas terminé. Il ne va pas cesser d'évoluer pendant les semaines à venir.

Il reste encore pas mal de travail, en particulier sur l'interface graphique :

  • modifier les heures d'arrosage, les durées
  • ajouter des heures d'arrosage
  • ajouter des zones, des voies
  • capteur d'humidité, de débit
  • écran OLED
  • etc.

Je suis parfaitement conscient que le code c++ et JavaScript de ce projet est complexe et certainement incompréhensible pour un débutant, mais il est difficile de faire simple quand on fait du développement WEB. L'essentiel est de bien comprendre la syntaxe des fichiers de configuration.

Si certaines notions sont incomprises, il est recommandé de poser des questions, même si je ne suis pas censé donner des cours de base de C++, HTML ou JavaScript en ligne.

Les développeurs expérimentés en JavaScript trouveront probablement que mon code JavaScript n'est pas celui d'un vrai professionnel JS, et qu'il ressemble trop à du C++, mais qu'ils me pardonnent, JS n'est pas mon langage de prédilection, je préfère C++ et PYTHON.

Pour conclure, le contenu de cet article risque d'être augmenté dans les prochains jours. Ne pas hésiter à revenir le consulter (voir 7. Mises à jour).


Cordialement

Henri

7. Mises à jour

04/05/2023 : paragraphes ajoutés ou fortement remaniés :
  • 1.1. config.ini
  • 1.1.1 Exemples
  • 1.2. Erreurs
  • 3.1. Quelques explications techniques
  • 4.1. Quelques explications techniques