mardi 4 avril 2023

Porte Motorisée de Poulailler : l'installation

 



Porte Motorisée de Poulailler

l'installation


Après 3 ans de fonctionnement, ce projet a été déménagé à mon nouveau domicile, acquis en fin d'année 2022. C'est l'occasion de construire un nouveau poulailler, et d'en profiter pour apporter quelques explications supplémentaires.

Dans ce nouvel article je vais présenter l'installation complète :

  • les poules, bien entendu
  • l'enclos
  • le cabanon
  • les cartes électroniques, le câblage, etc.

Si l'on est intéressé uniquement par le portillon électronique, on peut passer directement au chapitre 4.

Certaines améliorations du logiciel ont été effectuées.

1. Les poules

J'ai adopté 3 poules rousses : 

Elles sont jeunes, et proviennent d'un élevage sérieux situé à Sainte-Croix (71).

On peut trouver facilement des poules de réforme, provenant d'élevages de pondeuses. Ce sont des poules n'ayant plus assez de rendement pour un producteur d’œufs, mais elles vous donneront tout de même chacune plusieurs œufs par semaine. De plus vous aurez le plaisir de les sauver de l'abattoir.

1.1. La nourriture

Les poules sont nourries à l'aide d'un mélange de céréales prêt à l'emploi, et de granulés protéinés, disponibles à volonté.

On peut agrémenter leur nourriture en leur préparant un petit déjeuner matinal :

  • féculents : riz, pâtes, cuits
  • protéines végétales ou animales : œufs, sardines à l'huile, jambon, viande hachée, poisson, cuits
  • légumes : carottes râpées crues, carottes cuites, citrouilles, orties hachées, épinards hachés
  • matière grasse (très peu) : colza ou huile d'olive

La dernière folie : de la semoule de maïs, mélangée à des petits pois, ou des épinards, cuisson à l'eau, sans sel bien sûr. Elles en raffolent, et cela me permet de me débarrasser de stocks d'ingrédients que je n'utilise plus.

Le tout peut être servi tiède, surtout en hiver. On trouve énormément de recettes sur le WEB, mais attentions aux recettes qui intègrent du pain, même sec. Le pain contient du sel, et il est déconseillé.

Mais attention : vous vous apercevrez rapidement que les poules préfèrent les petits plats que vous leur préparez aux céréales et granulés. Certaines personnes de ma connaissance leur servent une assiette de pâtes cuites tous les jours, pour 3 poules. Leurs animaux ont une espérance de vie réduite à 3 ans, alors que normalement elles est plutôt de 5 à 10 ans. Ce n'est donc pas une bonne idée de leur servir quotidiennement des repas trop riches.

On peut donner aussi les restes de repas, les épluchures de légumes, croûtes de fromage, mais il vaut mieux éviter certains aliments :

  • pain
  • pomme de terre crue et épluchures
  • chocolat, café, marc de café
  • plats préparés ou surgelés, trop salés
  • viande crue
  • nourriture périmée, moisie, avariée
  • pelures d'oignons et de poireaux
  • peaux d'agrumes, de banane, de kiwi
  • avocat
  • céleri
  • aubergine
  • cacahuètes
  • haricots secs
  • trognons de chou
  • etc.

Il est facile de trouver des listes d'aliments non recommandés sur le WEB.

1.2. L'eau

L'eau propre doit être disponible également à volonté. La consommation peut aller jusqu'à plus de 50 cl d'eau par poule en période de forte chaleur.

1.3. La ponte

Le premier œuf a été pondu au bout de 10 jours, et ensuite le rythme s'est maintenu à un petit œuf par jours pendant quelques temps. Les œufs sont très petits au début, et sont un peu plus gros chaque jour. Mes poules sont jeunes et elles mettront un certain temps à pondre 250 à 300 œufs par an.

Avec des poules de réforme, les premiers œufs arriveront certainement plus vite, et seront plus gros et plus nombreux.

1.4. Adoption d'une nouvelle poule

Début mai, j'ai acheté une nouvelle poule, une race ancienne nommée coucou :

Elle provient d'un élevage bio, à un kilomètre de chez moi. D'après ce que j'ai en voir dans l'élevage, les locaux sont sains et propres.

Si vous adoptez une ou plusieurs poules dont vous ignorez tout, ou que vous avez des doutes, placez les nouvelles arrivantes en quarantaine pendant deux semaines.

Il existe des nombreuses pages WEB qui donnent des conseils judicieux : 

https://www.poulailler-direct.fr/content/36-comment-integrer-de-nouvelles-poules-dans-son-poulailler-

Pour ma part j'ai choisi d'intégrer la nouvelle arrivante directement, en début d'après-midi. Mais je dispose d'un grand espace depuis le 15 avril, d'environ 500m2, ce qui favorise la prise de distance entre la nouvelle arrivante et les autres. Deux des poules rousses, qui étaient présentes à proximité, ont tout d'abord été très effrayées par la nouvelle, plus jeune, mais plus imposante. Celle-ci est allée se réfugier sous un arbre aux branches basses, et y est restée plusieurs heures.

Après avoir surveillé les poules de temps à autre, à ma grande surprise, j'ai constaté que vers 18H les quatre poules picoraient le sol ensemble. L'acceptation a donc été plutôt rapide.

Plus tard dans la soirée, la nouvelle poule a pondu un œuf dans le pré, un œuf prématuré, sans coquille formée, que les autres se sont empressées de manger. Egalement, lorsque j'ai introduit la nouvelle poule dans le grand enclos, une des rousses était en train de pondre dans le cabanon, et elle a aussi pondu un œuf incomplètement formé, à la coquille molle. Je suppose qu'elle a eu peur en entendant les deux autres rousses réagir bruyamment en voyant la nouvelle arrivante. Le stress a donc été très important, aussi bien pour la nouvelle arrivante que pour les autres.

A la tombée de la nuit je me doutais bien que la nouvelle venue n'allait pas trouver le cabanon toute seule. J'ai donc du l'attraper et la placer dans le cabanon avec les autres. Comme la prise de contact avait déjà eu lieu, je me suis dit que cela se passerait bien. Et effectivement, je n'ai entendu aucun bruit suspect ensuite.

Le lendemain matin, à l'ouverture de la porte automatique, les rousses sont toutes sorties rapidement. La coucou est sortie quelques minutes plus tard. J'ai laissé le petit enclos de 20m2 fermé jusqu'à midi, le temps que la nouvelle repère bien les lieux. Quand je les ai libérées elles sont toutes sorties, et depuis, la coucou suit les rousses partout, ce qui est normal étant donné que ce sont elles les maîtresses des lieux, et qu'elles les connaissent parfaitement. Elle doit certainement trouver leur compagnie rassurante.

Le surlendemain tout le monde est rentré sans problème au cabanon à la tombée de la nuit.

J'estime que l'intégration de la nouvelle arrivante s'est bien passée parce que l'enclos est très grand et que la promiscuité est faible. Dans le petit enclos de 20m2 cela aurait certainement été beaucoup plus problématique.

Il est assez surprenant de constater qu'un nouvelle poule adopte très rapidement les habitudes des autres, et qu'elle en apprend énormément et vite. En deux jours, elle sait déjà tout : où se trouve la nourriture, l'eau, où passer la nuit, où est le pondoir (elle a pondu le troisième jour et au bon endroit).

Si l'on ne dispose pas de suffisamment d'espace, je déconseillerais totalement de procéder comme je l'ai fait. Il vaudrait mieux séparer les nouvelles arrivantes des autres, mais qu'elles puissent faire connaissance de visu, à travers un grillage par exemple.

2. L'enclos

L'enclos était dans mon cas un ancien chenil, d'environ 20 m². Il est clos, à l'aide de grillage simple torsion en maille 5x5 cm, sur 2 mètres de hauteur :

2.1. Le sol

A l'origine le sol était recouvert de béton. Environ 4 m² ont été retirés au marteau-piqueur afin que les poules puissent gratter la terre à la recherche de vers. Cela leur évite de s'ennuyer.

Si l'on dispose d'un carré de pré, c'est encore mieux. Les poules mangent énormément d'herbe, de pissenlits, etc. L’herbe et les plantes du jardin sont une très bonne source de vitamines A, B et C. Riches en calcium, minéraux et oligo-éléments essentiels, elles réduisent la fatigue et apportent de nombreux bienfaits, surtout en hiver quand les poules sont plus fragiles.

Les poules font également du bon travail au potager :

  • désherbage
  • chasse aux limaces, escargots

Elles grattent le sol à la recherche d’insectes, vers et larves en tous genres. En plus de se régaler, les volailles dénichent de la nourriture riche en protéines.

Attention à veiller à ce que le jardin ne contienne pas de plantes toxiques pour les poules. Il est facile d'en trouver des listes sur le WEB.

Pour l'instant, je leur procure quelques poignées d'herbe par jour, et je leur donne également les végétaux que je récolte quand je désherbe le jardin. Elles ont une excellente vue et y dénichent des insectes que nous autres ne voyons même pas.

J'envisage très sérieusement de laisser les poules vagabonder sur une partie de mon terrain, mais il faut avant cela que je pose une clôture.

C'est fait, depuis le 15 avril. Elles peuvent dorénavant se balader à côté de la maison, sur une pente herbeuse d'environ 500m2 :

Elles sont beaucoup plus actives depuis, et très occupées à dénicher de la nourriture, ce qui leur fait le plus grand bien.

Je suis absolument persuadé qu'un espace confiné n'est pas apte à maintenir les volailles en bonne forme et en bonne santé. Quand je vois un poulailler de quelques mètres carrés pour deux ou trois poules, je ne peux m'empêcher de les prendre en pitié.

2.2. Le ciel

Souvent les enclos sont recouverts de grillage fin. Le mien est simplement recouvert d'un filet à mailles nouées de 5x5cm, bien plus léger et facile à installer :

Il provient de ce fabricant : 

La Fabrique à filets

Un filet a plusieurs avantages : 

  • il permet d'éviter que les poules ne s'envolent
  • il protège des pigeons, qui viendraient manger la nourriture des poules
  • il protège des rapaces

Si l'on veut éviter que les poules ne s'envolent, on peut aussi couper 5 cm des grandes plumes de leurs ailes.

Je pense qu'il est préférable de signaler la présence du filet, à l'aide de rubans de couleur disposée ça et là, car je ne pense pas qu'il soit agréable de décrocher un rapace qui se serait pris les serres dans les mailles du filet.

3. Le cabanon

Le cabanon est réalisé en grande partie à l'aide de matériaux de récupération :

  • chevrons 6x8 cm
  • planches de sapin
  • panneaux d'OSB
  • bacs acier pour la toiture

Les dimensions sont les suivantes :

  • longueur 3 m
  • largeur 1 m
  • hauteur 1,50 m


On peut remarquer la porte à deux battants, qui permet une ouverture très large, ce qui est pratique pour le nettoyage.

Le voici en cours de construction : 

Il est constitué de trois parties :

  • le dortoir
  • le préau abrité
  • l'avancée de toit

3.1. Le dortoir

3.1.1. Les ouvertures

Deux ouvertures sont présentes :

  • l'ouverture pour le passage des poules : environ 24x32 cm
  • la porte principale à deux battants, permettant le nettoyage

Un perchoir et trois nichoirs équipent cet espace : 

3.1.2. Le sol

Le sol est constitué d'un plancher en OSB, recouvert de 3 ingrédients efficaces contre les parasites, poux rouges en particulier :

  • sable
  • paille de chanvre
  • un peu de terre de diatomée

3.1.3. L'aération

Le dortoir est étanche, ce qui permet d'éviter que les rongeurs n'y entrent. Mais il ne l'est pas totalement, on voit sur cette photo une aération en hauteur. L'air frais peut entrer par les interstices autour de la porte principale, et sortir par la grille d'aération.

3.1.4. Le plafond

Le dortoir comporte un plafond, recouvert de laine de roche et de laine de verre :

Ce plafond a deux fonctions :

  • éviter que des rongeurs ou les prédateurs n'entrent dans le dortoir
  • protéger du froid et de la chaleur

Il est important que le plafond ne soit pas situé trop en hauteur (un mètre suffit), cela permet de conserver une température plus clémente à l'intérieur, en hiver.

3.1.5. Les pondoirs

Les pondoirs sont les seuls à recevoir de la paille. Ils sont fabriqués en OSB et sont accessibles par l'extérieur :

L'OSB résiste à la pluie, mais on peut recouvrir la trappe d'accès de tôle, pour plus de longévité.

3.1.6. Le nettoyage

Le nettoyage est une tâche ingrate mais importante. Si vous n'êtes pas prêt à y consacrer un peu de temps, je vous déconseille de vous lancer dans l'aventure.

Le cabanon doit être débarrassé des fientes de poules plusieurs fois par semaine, afin de le conserver dans un état propre et sain, ce qui contribue non seulement à leur bien-être, mais permet aussi de diminuer les risques de maladies et de parasites en excès. On conseille également un grand nettoyage deux fois par an. On trouve à ce sujet beaucoup de conseils sur le WEB.

3.2. Le préau

La mangeoire en PVC a été installée sous le préau : 

Ce type de mangeoire faite maison permet de stocker plusieurs kilos de nourriture. Si l'on désire en fabriquer une, on trouve facilement des tutoriels sur le WEB.

3.3. L'avancée de toit

Celle-ci permet d'abriter un bac à sable, un ancien évier :

Le bac à sable est important, car c'est là que les poules viennent prendre leur bain de poussière. Il doit être rempli de sable fin, à l'abri des intempéries, et on peut y ajouter deux ingrédients antiparasites : de la cendre, et de la terre de diatomée.

L'abreuvoir de 5 litres est visible en arrière plan, surélevé afin que les poules ne salissent pas l'eau.

4. Les cartes électroniques et le câblage

Les cartes électroniques (carte de puissance et carte de commande) sont des réalisations personnelles.

Pour rappel, ce montage peut fonctionner avec deux types de moteur :

  • servomoteur
  • moto-réducteur + courroie avec poulies

Parlons tout d'abord du coût de ces cartes. La version que j'ai monté revient à environ 60€. Ce prix comprend les deux PCB (17€ chez JLCPCB, pour 5 pièces de chaque), et une batterie de marque SAMSUNG INR-18650 2500mAH.

Il s'agit d'une version à moto-réducteur, avec poulies et courroie. C'est également une version complète, connectée à un serveur DOMOTICZ, avec horloge RTC, capteur de température / humidité. Une version minimale à servomoteur coûterait environ 40€.

A cela il faut ajouter un panneau solaire. On trouve des modèles 4W à moins de 15€ sur AliExpress.

En comparaison, une porte du commerce vaut entre 100€ et plus de 200€. Certaines nécessitent une batterie 12V ou une alimentation secteur, d'autres fonctionnent sur piles. Certains modèles sont solaires, comme le ZenFarm (175€). Ces automatismes offrent en général deux modes de programmation (plage horaire, ou seuil de luminosité). La programmation par plage horaire ne me paraît pas une bonne solution, étant donné qu'elle devra être modifiée en fonction de la saison.

Avant un achat il faut bien réfléchir et examiner de près les caractéristiques, l'autonomie en particulier. On trouve des articles intéressants sur le WEB :

https://poules-club.com/porte-automatique-poulailler/

4.1. Les PCB

La fabrication des 2 PCB peut être confiée à un professionnel,  JLCPCB par exemple. C'est certainement la meilleure solution. Les électroniciens possédant le matériel d'insolation et gravure, comme moi, peuvent se lancer dans l'aventure d'un PCB maison, mais il y a tout de même pas mal d'inconvénients :

  • utiliser un PCB de qualité, BUNGARD par exemple
  • possibilité de court-circuits entre piste
  • possibilité de pistes coupées
  • test à l'ohmmètre obligatoire après fabrication
  • absence de vernis et de masque de soudure

Pour ma part j'ai fabriqué ces PCB moi-même mais j'ai eu quelques surprises (une piste coupée et plusieurs court-circuits entre pistes), et j'ai été obligé de recouvrir le côté soudures d'un vernis de tropicalisation, car la carte va fonctionner en extérieur.

En commandant les PCB chez un professionnel, ces problèmes seront évités.

4.2. La carte de puissance

La carte de puissance a été présentée en 3ème partie :

Ses dimensions sont les suivantes : 94mm x 100mm.

Depuis juillet 2020, un filtre composé d'un condensateur et d'une résistance a été ajouté, au dessus du L293D, afin de lisser la mesure du courant, comme expliqué dans le dernier article : 

Porte Motorisée de Poulailler (le bilan)

Pour la version à servomoteur, ces composants, L293D compris, sont inutiles.

4.3. La carte de commande

La carte de commande a été également présentée dans le même article, mais sans photos. La voici : 

Ses dimensions sont les suivantes : 94mm x 65mm. La carte est complète, mis à part le MCP23008, en haut à gauche, inutile pour l'instant.

Par rapport aux versions précédentes, le connecteur à 11 points (bleu) a été légèrement déplacé, afin d'être situé exactement au même emplacement que celui de la carte de puissance, ce qui permet d'empiler les deux cartes.

Rappel : certains modules sont optionnels :

  • le module DS3231, si l'on envisage d'utiliser une LDR ou la tension du panneau solaire pour déterminer l'heure d'ouverture et de fermeture
  • les modules NRF24L01 et SHT31D, seulement utiles si l'on possède un serveur DOMOTICZ

On peut remarquer :

Tous les modules sont enfichés sur des barrettes DUPONT femelles :

  • ARDUINO PRO MINI : 2 x 12 broches
  • module DS3231 : 6 broches
  • module SHT31D : 4 broches
  • module NRF24L01 : 8 broches
  • MCP23008 : 2 x 9 broches

Le module DS3231, au centre, est enfiché avec son support de pile en dessous. Ces modules sont en général livrés avec un connecteur coudé :

Il faut remplacer ce connecteur par un modèle droit, car avec le connecteur coudé le module occuperait une place très importante en hauteur. Ce n'est pas gênant d'un point de vue électronique, mais cela serait inesthétique et encombrant.

Les deux cartes peuvent être empilées à l'aide de colonnettes de 30 mm : 

Bien entendu, la carte de commande a été conçue pour accueillir des modules bien particuliers mais très courants. Si par exemple le module DS3231 ou SHT31D ont un brochage différent de ceux que j'ai utilisé, il faudra soit changer de modules, soit modifier le routage de la carte.

Egalement, on trouve différents modèles d'ARDUINO PRO MINI. Celui que j'ai utilisé est celui-ci :

On voit que les broches A4, A5, A6 et A7 sont situées sur le même côté de la carte.

Sur ce modèle, moins courant, les broches A6 et A7 sont situées en bout de carte. Elle ne pourra pas être enfichée sur le PCB, sauf si l'on modifie le routage.

4.4. La liaison entre cartes

Une nappe de 11 fils relie les deux cartes. Elle est réalisée à l'aide de fils de 70 mm, de connecteurs DUPONT sertis à l'aide d'une pince :

On trouvera difficilement des connecteurs à 11 points, il faut donc utiliser deux connecteurs pour chaque extrémité, 7 points + 4 points par exemple.

Je déconseille l'utilisation de fils simples DUPONT, les faux contacts seraient trop probables. Mais c'est néanmoins possible, si l'on teste la bonne tenue des fils sur les connecteurs. Dans cette optique, remplacer les connecteurs mâles des cartes par des modèles femelle, et utiliser des fils mâles serait certainement moins sujet à problèmes.

Les aventuriers peuvent également utiliser ce genre de connecteurs :


Le connecteur femelle peut être utilisé pour la carte de puissance, le connecteur mâle dit "sandwich", pour la carte de commande (situé sous la carte, et soudé par le dessus). Le connecteur sandwich a une longueur de 29mm. La carte de commande viendra donc s'enficher sur la carte de puissance. Avec des colonnettes de 30mm cela passe tout juste !

Mais cette technique n'est utilisable que si l'on fait fabriquer la carte de commande par un professionnel,  JLCPCB par exemple, avec trous métallisés. Avec un PCB maison simple face, comme je l'ai fait, le connecteur sandwich serait difficile à souder par le dessous, et la carte de commande serait difficile à extraire sans arracher les pastilles.

Je l'ai déjà fait sur ce projet

On voit bien les connecteurs mâles, rouges, soudés par le dessous. Les broches sont collées au PCB à la cyanoacrylate, sur l'autre côté. Cette carte maison ne quitte jamais la MEGA sur laquelle elle est enfichée, donc les risques sont limités.

5. Le logiciel

5.1. Les options

Pour rappel, ce logiciel est hautement paramétrable. Le fichier options.h regroupe les options possibles, entre autres : 

  • moteur à courant continu ou servomoteur
  • alimentation secteur ou batterie + panneau solaire
  • méthode d'ouverture / fermeture
    • grâce à la luminosité
    • LDR : idéal en cas d'alimentation secteur
    • mesure de la tension du panneau solaire
    • à l'aide d'un calcul de l'heure de lever et de coucher du soleil
      • RTC DS3231 avec saisie manuelle de l'heure
      • RTC DS3231 avec demande d'heure à un serveur DOMOTICZ
  • capteur de température / humidité (HDC2080, SHT31D, HTU21D) ou non
  • capteur de courant du panneau solaire ou non
La carte de commande supporte un seul capteur d'humidité, le SHT31D. Pour adapter un HDC2080 ou un HTU21D, il faudra prévoir une petite adaptation, le brochage étant différent. On peut éventuellement modifier le routage de la carte.

5.2. Démarrage

Ce chapitre décrit les essais du système en intérieur, à côté du bureau.

Après avoir choisi les bonnes options dans le logiciel et après l'avoir téléversé, voici ce que l'on peut observer sur le moniteur série après le démarrage.

Il s'agit d'une version compilée pour être utilisée avec : 

  • un moto-réducteur continu
  • un DS3231
  • un serveur DOMOTICZ
  • capteur de température / humidité SHT31D

MYSENSORS Automated Gate
Presentation: OK
time not received yet
wait for time
Time value received: 1679330566
UTC offset: 3600
checkLuminosity
gate state: LOW
GateScheduler::isDay
now 1679326966 20/3 15h42
sun rise 1679290885 19/3 5h41
sun set 1679334381 19/3 17h46
day: YES
### AUTO OPEN
Motor I: 149mA
overcurrent, STOP
time: 1 seconds
min voltage 4.08
gate state: HIGH
Time value received: 1679330566
UTC offset: 3600
checkLuminosity
gate state: HIGH
GateScheduler::isDay
now 1679326966 20/3 15h42
sun rise 1679290885 19/3 5h41
sun set 1679334381 19/3 17h46
day: YES
panel V: 13.74
panel I: 0.13
battery: 4.21V (100%)
temperature/humidity: 23.30/51.59
SLEEP 300

L'heure est demandée au serveur DOMOTICZ.

Au départ l'état logiciel de la porte est LOW.

Le logiciel détermine si l'on fait jour ou nuit : il fait jour (day: YES).

Il demande l'ouverture de la porte.

Comme elle est déjà ouverte le moteur est bloqué et le courant grimpe à 149mA immédiatement. La limite est fixée à 120mA dans options.h :

#define MOTOR_CURRENT     0.100

Le moteur est arrêté immédiatement (overcurrent, STOP).

La tension batterie est descendue à 4.08V pendant l'ouverture de la porte, ce qui est un signe de bonne santé de la batterie.

L'état de la porte passe à HIGH.

La tension du panneau solaire est de 13.74V

Le courant est de 0.13A, ce qui indique que la batterie est en charge.

La tension de la batterie est de 4.21V, la charge va bientôt s'arrêter.

Ensuite le microcontrôleur s'endort pour 300 secondes.

Voici ce qui est affiché lors de la fermeture : 

manualStartTime: 0
manualWakeupTime: 0
checkLuminosity
gate state: HIGH
GateScheduler::isDay
now 1679334672 20/3 17h51
sun rise 1679290873 19/3 5h41
sun set 1679334389 19/3 17h46
day: NO
### AUTO CLOSE
Motor I: 68mA
Motor I: 69mA
Motor I: 68mA
Motor I: 68mA
Motor I: 69mA
Motor I: 68mA
...
Motor I: 59mA
Motor I: 65mA
Motor I: 74mA
Motor I: 83mA
Motor I: 94mA
Motor I: 125mA
overcurrent, STOP
time: 16 seconds
min voltage 4.06
gate state: LOW
panel V: 3.72
panel I: 0.00
battery: 4.10V (92%)
temperature/humidity: 21.97/54.42
SLEEP 300

Au départ l'état de la porte est HIGH.

Le logiciel détermine si l'on fait jour ou nuit : il fait nuit (day: NO).

Il demande la fermeture de la porte.

Comme elle est ouverte le courant moteur grimpe à 68mA, puis lorsque le moteur bloque en fin de course, à 125mA.

Comme la limite de 120mA est dépassée le moteur est arrêté (overcurrent, STOP).

La fermeture a duré 16s.

La tension batterie est descendue à 4.06V pendant la fermeture de la porte.

L'état de la porte passe à LOW.

La tension du panneau solaire est de 3.72V

Le courant est de 0.00A, ce qui indique que la tension du panneau est insuffisante, ce qui est normal puisque le soleil est couché.

La tension de la batterie est de 4.10V.

Ensuite le microcontrôleur s'endort pour 300 secondes.

Comme on le voit, le moniteur série affiche beaucoup d'informations, ce qui peut permettre de régler pas mal de paramètres, en particulier le courant moteur maximal, mais aussi la tension de seuil jour/nuit de la LDR si cette option a été choisie.

Cela peut permettre aussi de déceler des problèmes de fonctionnement. Par exemple si le message "Couldn't find RTC" est affiché au départ, cela veut dire que le module DS3231 est mal câblé, ce qui m'est arrivé au départ (il était embroché à l'envers).

5.3. Mise à l'heure

5.3.1. Mise à l'heure manuelle

Si la méthode choisie pour déterminer l'heure d'ouverture et de fermeture de la porte est d'utiliser un DS3231, lors de la première mise en route, il faudra régler l'heure de ce module.

Par rapport aux versions précédentes, l'activation du shell change. Il faut appuyer sur les deux boutons simultanément, et les relâcher pour que l'on puisse modifier l'heure et la date à l'aide du serial monitor. Pour en sortir, si par exemple on a appuyé sur les deux boutons par mégarde, il suffit d'appuyer sur un des deux boutons.

Normalement, cette mise à l'heure devrait être valable pour plusieurs années.

La mise à l'heure a été décrite en 3ème partie, au paragraphe 4.1. 04/05/2020. En résumé, il faut entrer les commandes suivantes à l'aide du moniteur série : 

date Avr 04 2023

time 09:25:00

5.3.2. Mise à l'heure automatique

Si l'option DOMOTICZ a été choisie, le logiciel demandera l'heure au serveur. Il n'y a donc pas à s'en préoccuper.

Il est absolument indispensable qu'au démarrage du logiciel le serveur DOMOTICZ soit joignable, c'est à dire que la communication soit correcte. Une fois que l'heure a été obtenue, le module DS3231 est mis à l'heure, et le logiciel demande une ouverture de la porte (s'il fait jour), ou une fermeture (s'il fait nuit).

Si la communication avec le serveur est impossible, le logiciel reste bloqué dans un état d'attente. Il suffit d'avoir le moniteur série ouvert pour le constater. Il est donc essentiel que la communication avec le serveur DOMOTICZ soit correcte au démarrage.

Après un démarrage réussi, la porte sera ouverte ou fermée en fonction de l'heure de lever et de coucher du soleil. Que se passe t-il ensuite si le logiciel ne parvient pas à contacter le serveur pour remonter les informations (ouvertures, fermetures, niveau de la batterie, etc.) ? Les informations affichées par le serveur ne seront pas exactes, mais ce n'est pas dramatique, l'essentiel est que la commande de la porte fonctionne, n'est ce pas ?

Après un démarrage réussi, l'heure est demandée au serveur régulièrement, et un paramètre permet de régler la période (fichier options.h) :

#define TIME_REQUEST_PERIOD   2592000   // 30 days

Que se passe t-il si la réponse n'arrive pas ? ce n'est pas un problème. Le logiciel continuera à vivre avec l'heure fournie par le DS3231. Un DS3231 est très précis, et le fait de rater une mise à l'heure n'entraînera qu'un écart minime par rapport à l'heure réelle.

5.4. Surveillance de la tension de la batterie

La tension de la batterie est mesurée à chaque réveil. Pour que la mesure soit exacte il faut fixer la tension de référence de l'ADC dans options.h :

#define VREF              1.081

Cette valeur est à affiner par essais successifs, en comparant la tension de la batterie à la tension mesurée avec un multimètre. Cette valeur est également différente pour chaque exemplaire d'ARDUINO PRO MINI.

Suivant que l'on ait choisi ou non l'option DOMOTICZ, la surveillance pourra être faite à distance ou non. Dans tous les cas, si la batterie est trop faible, il faudra réagir :

  • recharger la batterie à l'aide d'un bloc secteur 5V branché sur le chargeur TP4056
  • augmenter la puissance du panneau
  • adopter des batteries neuves, en augmentant éventuellement la capacité

5.4.1. Surveillance manuelle

En journée, appuyer sur le bouton de fermeture de la porte. Si pendant la fermeture de la porte la tension de la batterie chute en dessous de 3V, la LED de l'ARDUINO clignote 5 fois.

On peut aussi surveiller la tension de la batterie régulièrement avec un multimètre, de préférence après une ouverture ou une fermeture de porte. On peut également brancher un PC portable muni d'un câble USB et d'un convertisseur USB / série sur les broches en bout de carte de la PRO MINI (celles qui servent au téléversement). La tension de la batterie sera affichée.

Il est important de surveiller la tension de la batterie. Il m'est arrivé deux fois d'être obligé de la recharger, en février, pendant une longue période de temps couvert. Sinon, il est parfaitement possible, si l'on veut être certain que la batterie ne se décharge pas excessivement, de laisser un chargeur 5V branché sur la prise USB du TP4056 pendant les mois de janvier / février.

5.4.2. Surveillance à distance

Si l'option DOMOTICZ a été choisie, la tension de la batterie est mesurée et remontée régulièrement vers le serveur DOMOTICZ :

Les icônes de la 10ème colonne (des piles) indiquent le pourcentage de charge. Il suffit de passer la souris au dessus de l'icône pour obtenir la valeur exacte.

5.4.3. Portée du NRF24L01

Concernant le module NRF24L01, on peut adopter un modèle avec antenne externe si nécessaire, pour une portée plus importante :

Pour ma part, le poulailler étant éloigné de l'endroit où se trouve mon serveur DOMOTICZ, j'ai choisi d'installer un répéteur à l'extérieur de l'habitation : 

https://www.mysensors.org/about/network

Et cela a suffit.

5.5. Ouverture et fermeture automatique

Dernièrement, une option a été ajoutée (voir options.h : CLOSE_DELAY).

// close delay in minutes
#define CLOSE_DELAY       30

Cette option permet de retarder la fermeture de la porte au coucher du soleil. En effet, lorsque le soleil  se couche la luminosité est loin d'être nulle, et les poules ne ressentent pas forcément la nécessité de rentrer dans le cabanon, en tous cas, pas toutes. Cela peut prendre plus d'un quart d'heure.

5.6. Ouverture et fermeture manuelle

Comme déjà expliqué dans Porte Motorisée de Poulailler (2ème Partie) :

Les deux boutons d'ouverture / fermeture manuelles sont branchés sur les broches 2 et 3, afin d'autoriser le réveil par interruption.

Lorsqu'une commande manuelle est effectuée, le logiciel passe en mode manuel, et ce mode sera désactivé au bout d'un temps défini (voir options.h : MANUAL_TIMEOUT), et le mode automatique reprendra alors la main.

Si l'on a fermé la porte manuellement en journée, elle sera ouverte à nouveau plus tard, ceci afin d'éviter les oublis.

Si l'option DOMOTICZ a été choisie, il n'y a pas de possibilité d'ouvrir ou fermer la porte depuis le serveur. En effet, l'ARDUINO devrait être éveillé en permanence afin d'assurer la réception de la commande. Avec une alimentation par batterie c'est hors de question.

5.6. L'intégration

Voici quelques photos du montage terminé, monté sur le cabanon :

On voit ici que la porte automatique est monobloc. Comme décrit dans l'article Porte Motorisée de Poulailler (2ème Partie) les glissières en U sont des crémaillères de quincaillerie prévues pour des consoles d'étagères. Leur largeur interne est de 12mm.

La partie haute est une plaque d'OSB de 23.5cm x 57cm x 12mm. La plaque est insérée dans les glissières et fixée par 6 vis à bois dans les trous prévus. Elle supporte tout le matériel : cartes électroniques, moteur, poulies.

La porte a été réalisée dans une plaque de PVC blanc (un morceau de couvercle de gaine GTL) de 23cm x 32cm pesant 250 grammes.

Le tout est fixé à l'extérieur à l'aide de 4 vis à bois, 2 sur la barre de seuil, et 2 au dessus de la porte. L'intérêt d'un tel montage est qu'il est facile à démonter en cas de panne, et facilement transportable d'un seul tenant jusqu'à mon atelier pour une réparation éventuelle, ou une mise à jour du logiciel. Après avoir enlevé 4 vis, et débranché le panneau solaire, on peut partir avec l'ensemble sous le bras.

De chaque côté des glissières blanches on distingue les anciennes glissières en bois, avec l'ancienne porte, à droite. Si je retire la porte automatique pour une intervention de longue durée, la porte manuelle reste utilisable.


Un coffret emprisonne l'électronique et le moteur pour les protéger de la poussière, et une plaque de plexiglas va recouvrir le tout, permettant de voir l'intérieur. Par transparence, à travers la carte de commande, on peut voir que la LED rouge du TP4056 est allumée.

Le moteur, les boutons et le panneau solaire sont raccordés à l'aide de 4 petits câbles, pourvus de connecteurs DUPONT, à la carte de commande et à la carte de puissance.

Sur le côté droit on peut voir les deux bouton d'ouverture et de fermeture manuels. Sur le dessus deux bornes bananes permettent de relier le panneau solaire.

6. Téléchargements

Cette version finale est disponible ici :

https://bitbucket.org/henri_bachetti/mysensors-gate/src/v1.4/

7. Conclusion

Ce projet est assez conséquent, c'est de loin le plus gros que j'aie réalisé jusqu'à présent. Les schémas et les photos des cartes montrent néanmoins qu'elles sont principalement constituées de modules tout faits. Les composants discrets sont peu nombreux. Seul le logiciel est imposant, du fait des nombreuses possibilités.

Pour terminer, je dirais que le fait de disposer d'un portillon automatique ne dispense pas de surveiller. Une petite visite matin et soir est indispensable, ne serait-ce que pour vérifier que toutes les poules sont rentrées à la tombée de la nuit.

Et il faut bien récolter les œufs quotidiennement ! C'est l'occasion de vérifier également la mangeoire et l'abreuvoir, et de changer l'eau si nécessaire.

Il ne m'est jamais arrivé de trouver une poule dehors après la tombée de la nuit. Lorsque la nuit tombe, les poules n'ont qu'une idée en tête, se réfugier à l'abri des prédateurs.

Le premier soir, j'ai eu beaucoup de mal à les faire entrer dans le cabanon. Le lendemain, elles ne voulaient pas sortir, elles trouvaient probablement le cabanon très à leur goût, et très sécurisant. Mais dès le surlendemain, quand la porte s'ouvre le matin, elles sont toutes sorties en quelques secondes. Il leur faut un temps d'adaptation à leur nouvel environnement.

A mon sens, l'avantage essentiel d'un portillon automatique est d'éviter de se lever aux aurores pour aller ouvrir la porte du cabanon. On a bien droit à une grasse matinée de temps en temps ! D'autre part j'ai déjà lu des commentaires parlant de poules qui se battent si le cabanon est ouvert très tard le matin.

En cas d'absence prolongée, il faut confier cette surveillance à un ami, un voisin, qui sera certainement ravi de bénéficier d’œufs frais pondus.

Certains amateurs de DIY vont trop loin et leur imagination déborde.

Voir ici : https://forum.arduino.cc/t/projet-automatisation-poulailler-smartphone/1064817

  • dégivrage de l'abreuvoir a l'aide d'une sonde de température et d'une résistance chauffante
  • surveillance du niveau de grain, du niveau d'eau
  • cameras de surveillance
  • puce RFID sur chaque poule pour fermer la porte uniquement lorsque toutes les poules sont rentrées !

Rien que le dégivrage de l'abreuvoir rendrait l'alimentation par batterie impossible !

Un badge RFID a une portée de quelques cm, et ne permet pas de détecter le sens de passage, autant dire mission impossible.

Je ne vous encourage pas à vous laisser aller à ce genre de délire de geek. Mon projet est certes complexe, mais les chances de mener à bien un projet encore plus complexe seraient quasi nulles. Il faut faire des choix, et la raison doit l'emporter sur l'abondance de fonctionnalités.

Pour conclure, les poules sont de animaux adorables, très attentifs et curieux, actifs, familiers, et font le bonheur des enfants.


Cordialement
Henri

8. Mises à jour

    07/05/2023 : 1.4. Adoption d'une nouvelle poule

    mardi 14 mars 2023

    Récupération d'eau de pluie : nouvelle installation


     

    Récupération d'eau de pluie

    nouvelle installation


    Il y a 18 mois j'avais présenté un projet de surpresseur DIY, destiné à alimenter en eau de pluie diverses choses, en particulier l'arrosage et le lave-linge. Ce système a été utilisé avec bonheur depuis cette date.

    Pour rappel, le schéma de principe du surpresseur est le suivant : 

    On peut bien entendu utiliser un surpresseur du commerce, mais il faut y mettre le prix. Comme je le disais dans l'article cité plus haut :

    Les surpresseur de qualité sont chers, et ils ne sont pas toujours fiables ni réparables. Lorsque l'on lit les commentaires d'acheteurs sur certains sites de matériel de bricolage on constate que beaucoup ont des problèmes de durée de vie : corps de pompe cassé, ballon tampon percé, baisses de pression, pressostat en panne, etc.

    1. Pourquoi une nouvelle installation ?

    En fin d'année 2022, j'ai changé d'habitation, pour plusieurs raisons :

    • disposer de plus de terrain afin de pouvoir héberger des animaux, moutons, chèvres, poules
    • adopter un chien

    Il a fallu réinstaller le système d'alimentation en eau de pluie dans la nouvelle habitation, et en profiter pour corriger certains petits défauts.

    Tout d'abord, la configuration change assez radicalement :

    • j'ai choisi pour le stockage le sous-sol d'un hangar situé à 30 mètres de l'habitation, afin de ne pas monopoliser un espace trop important dans le sous-sol de la maison. La toiture de ce hangar de 200m² est faite de bacs acier, et une descente de chéneaux passe à proximité de l'endroit prévu pour les fûts.
    • le circuit d'alimentation en eau de l'habitation comporte un circuit secondaire alimentant : 
      • au sous-sol :
        • le lave-linge 
        • une douche
        • des toilettes
      • au rez de chaussée :
        • des toilettes
      • à l'étage :
        • un cabinet de toilettes avec lavabo et WC

    Le fait de disposer d'un seul circuit d'alimentation séparé pour tous ces postes est une chance inespérée.

    Comme je vais donc pouvoir alimenter trois WC, la consommation d'eau risque de fortement augmenter, je vais donc passer de 1500 litres à 3000 litres.

    Le hangar est à 30 mètres de l'habitation, mais par chance, celui-ci est alimenté en eau et électricité. Une bergerie est présente en sous-sol, et elle est pourvue d'un abreuvoir automatique.

    Le départ de l'alimentation en eau du hangar est situé près du compteur. L'arrivée est située dans le local où les fûts seront installés.

    Afin d'alimenter la maison en eau de pluie je n'ai en fait qu'à utiliser l'alimentation en eau du hangar dans l'autre sens, sans avoir à creuser de tranchée pour ajouter un tuyau supplémentaire. Ne pas disposer de l'eau du réseau dans le hangar ne pose pas de problème.

    On se rend compte immédiatement que les travaux nécessaires seront réduits à leur strict minimum.

    2. Les photos

    Plutôt qu'un long discours, je vous propose une série de photos.

    2.1. Stockage

    Le grand local de stockage accueille maintenant 6 fûts. Ils proviennent de chez Truffaut, et leur prix est de 60€ pièce.

    L'endroit est clos, et se trouve en sous-sol, il est donc frais, ce qui évitera à l'eau de croupir en été.

    Il est évident que des fûts ronds occupent plus de place que des cuves rectangulaires. Si l'on désire que le stockage occupe le minimum d'espace, on peut adopter des cuves IBC 1000 litres (environ 180€) : 

    Sinon, il reste une alternative : une cuve enterrée. Un modèle 300 litres coûterait environ 1300€, travaux de terrassement non compris. Certaines habitation n'ont pas la possibilité d'héberger autant de volume d'eau en surface, dans ce cas une cuve enterrée est la seule solution. Dans les constructions récentes cela se fait de plus en plus, mais je comprends que l'on puisse hésiter.

    Comme précédemment les fûts sont reliés entre eux, par le haut, par des tubes d'arrosage de surface Ø13mm pourvus de raccords en T. Cette solution est moins onéreuse que les tubes de jonction située au bas des fûts, qui nécessitent un perçage, et le risque de fuite est inexistant. Bien entendu, chaque tube de jonction doit être amorcé manuellement, en évitant d'introduire des bulles d'air.

    2.2. Surpresseur

    Le vase d'expansion a été changé. L'ancien ballon rouge, prévu pour une chaudière est remplacé par un modèle blanc prévu pour le sanitaire. Il n'y a qu'à voir la couleur rouille des filtres pour constater que ce changement était nécessaire, car l'oxydation du ballon encrasse fortement les filtres. Ceux-ci devront être changés également sous peu.

    Le prix d'un tel ballon de 18 litres est de 80€.

    Si l'on n'envisage pas de laver du linge ou se doucher à l'eau de pluie, un ballon de chauffage, moins cher (30€), peut être utilisé, sans filtres.

    2.3. Arrivée d'eau

    Si l'on a pas besoin d'installer de vanne d'arrêt motorisée on aura intérêt à réaliser l'arrivée d'eau intégralement en PVC Ø40mm ou Ø32mm. Il faut cependant disposer d'une évacuation à l'égout en cas de trop-plein.

    On peut éventuellement installer une vanne manuelle PVC :

    Pour ma part, comme aucune évacuation à l'égout n'est possible pour le trop-plein, j'ai opté pour une vanne motorisée.

    L'arrivée d'eau en provenance de la descente de chéneaux située de l'autre côté du mur est réalisée en PVC Ø40mm, suivie d'un réducteur Ø40mm / Ø32mm. Le raccordement à la vanne motorisée se fait par un adaptateur Ø25mm / 15/21 trouvé sur manomano.fr :

    Le diamètre de 25mm ne correspond pas tout à fait au diamètre intérieur d'un tube PVC de 32mm. Il a fallu combler avec quelques tours d'adhésif toilé et de la colle PVC.

    La vanne motorisée, prévue pour être commandée par le Contrôle de Niveau d'Eau Connecté est suivie d'une vanne manuelle, par sécurité. 

    Au final, la vanne manuelle est suivie d'un tube cuivre Ø14mm dont l'extrémité arrive au dessus du premier fût. On peut bien entendu adopter un diamètre supérieur, par exemple si l'on habite une région où les pluies sont abondantes, mais courtes et rares. Dans mon cas, étant donné la surface de toiture importante du hangar, deux nuits légèrement pluvieuses en continu ont suffit à récolter les 3000 litres d'eau. Un Ø14mm suffit amplement.

    2.4. Sortie d'eau

    Pour finir, un tube PER relie la sortie des filtres au tuyau polyéthylène Ø25mm reliant le hangar et l'habitation. Un raccord en T est utilisé (raccord Ø25mm / 20/27 suivi d'un raccord 20/27 / PER Ø16mm) afin de conserver l'alimentation en eau de pluie des différents postes du hangar : robinets d'arrosage et abreuvoir.

    Il est à noter que le collecteur du surpresseur est équipé d'une vanne d'arrosage, en amont des filtres. Le jardin peut se contenter d'eau non filtrée.

    2.4. Dans l'habitation

    Passons du côté habitation. Voici une vue de la fosse où est situé le compteur d'eau. Le tuyau polyéthylène Ø25mm alimentant le hangar a été coupé, et un raccord Ø25mm / 15/21, ainsi qu'un raccord 15/21 / PER Ø16mm permettent d'adapter les diamètres. Le tube PER bleu amène l'eau de pluie dans le sous-sol de la maison.

    Heureusement, le tuyau polyéthylène Ø25mm était déjà pourvu d'un robinet d'arrêt, qui restera fermé bien entendu.

    Il ne reste plus qu'à raccorder ce tube PER au circuit secondaire du sous-sol :

    Le tube cuivre est coupé, en aval d'un robinet d'arrêt déjà présent. Un raccord olive Ø14 / 15/21 est utilisé, suivi d'un raccord 15/21 / PER Ø16mm. Quelques coudes PER Ø16mm ont été nécessaire pour suivre les murs.

    3. Prix de l'installation

    Le prix d'une telle installation peut varier fortement en fonction de la quantité d'eau stockée. Comme je l'ai expliqué dans l'article précédent, mon surpresseur a été réalisé en grande partie à l'aide d'éléments de récupération. Mais on peut tout de même détailler un peu plus. Les prix sont donnés pour une installation de 3000 litres :

    • surpresseur
      • surpresseur du commerce : entre 150€ et 500€
      • ou
      • surpresseur maison
        • raccords, manomètre, pressostat : 100€
        • pompe de surface : 100€ ou pompe immergée : 50€
        • filtres (optionnels) : 40€
        • ballon de chauffage (rouge) : 30€ ou ballon sanitaire (blanc) : 80€
    • cuves de stockage
      • 6 cuves rondes 500L : 360 € ou 3 cuves IBC 1000L : 540€
    • arrivée d'eau de pluie
      • 4m tube PVC Ø40 : 10€
      • adaptateur Ø25mm / 15/21 : 1€
      • vanne d'arrêt 15/21 : 8€
    • alimentation
      • raccords polyétylène + tube PER : 50€

    Je laisse à chacun le soin d'estimer ses besoins.

    Pour ma part, avec une pompe de récupération, l'installation a coûté environ 650€. Il faut bien entendu tenir compte de la consommation et du prix du m3 d'eau pour avoir une idée de la rentabilité.

    Egalement, tout dépend de l'utilisation que l'on fait de cette eau de pluie. Depuis que je suis passé en double alimentation ma consommation moyenne d'eau du réseau est tombée à 50 litres / jour, alors qu'auparavant elle était plutôt de 150 litres / jour, ce qui équivaut à une baisse de 36m3 par an. Avec une moyenne de 4€/m3, cela représente une économie de 144€ par an. Le système devrait être amorti au bout de 4 ans et demi.

    Pour rappel, mes consommations se répartissent ainsi : 

    Eau du réseau : 

    • cuisine
    • vaisselle à la main
    • salle de bains, lavabo uniquement

    Eau de pluie :

    • toilettes
    • douche
    • lave-linge
    • arrosage

    4. Conclusion

    Cette nouvelle installation a nécessité une grosse journée de travail. Elle devrait permettre de réaliser d'importantes économies d'eau.

    Certains d'entre vous sont peut-être intéressés par une telle réalisation. Pour cela, il vous faut avant tout bien étudier le circuit d'alimentation en eau de l'habitation.

    Dans les habitations assez récentes il est courant de rencontrer des collecteurs de distribution eau froide, eau chaude, souvent situés en sous-sol, ou en vide sanitaire. Il est alors facile de modifier le circuit et d'ajouter un collecteur supplémentaire pour le circuit d'eau de pluie, surtout quand on a affaire à des tubes PER ou multicouche :

    J'avoue que j'ai eu la chance d'acquérir une maison qui disposait d'un circuit secondaire particulièrement adapté, de robinets d'arrêt bien placés, et j'ai pu réaliser cette alimentation sans grosses modifications, et à peu de frais.

    Il ne me reste plus qu'à coller des étiquettes près des points d'eau alimentés en eau de pluie :

    Rappelons-le : l'eau de pluie est impropre à la consommation humaine, malgré la présence de 3 filtres. Elle peut contenir des bactéries, mais également, elle ne contient aucun des minéraux nécessaires à notre organisme.

    Pour finir, résumons les avantages d'une telle installation : 

    • économies d'eau
    • absence de dépôt calcaire dans les toilettes et le lave-linge
    • économie de lessive car l'eau douce ne diminue pas l'efficacité des détergents
    • absence de chlore et de calcaire dans l'eau d'arrosage, ce qui ne déplaira pas aux plantes

    Cordialement

    Henri


    samedi 25 février 2023

    Piloter une charge inductive


    Piloter une charge inductive


    Nous allons dans cet article revenir sur un aspect assez méconnu des débutants en électronique : la charge inductive, et les parasites qu'elle est susceptible d'engendrer. Ces dernières années je ne compte plus les interventions que j'ai pu effectuer, sur le forum ARDUINO, afin de résoudre ce genre de problème.

    Malgré que j'aie déjà évoqué ce sujet à plusieurs reprises, il m'a semblé utile de rassembler dans un seul article les connaissances que j'ai pu accumuler sur les protections contre les surtensions.

    Commençons par ma première expérience. Il y a trois ans j'avais présenté un projet de Micro-irrigation Automatisée.

    Ce fut le premier projet sur lequel j'ai été confronté à des problèmes liés aux parasites générés par la commutation d'une charge inductive. La charge en question était une électrovanne motorisée 230V : 

    Le moteur de l'électrovanne possède 3 fils :

    • neutre
    • fil d'ouverture
    • fil de fermeture

    Il est piloté par un classique module à double relais :

    De manière aléatoire, l'afficheur 4 lignes du montage affichait des caractères incompréhensibles, juste après une ouverture ou une fermeture de la vanne.

    Après de longues recherches sur le WEB, j'avais appris que les parasites générés par la coupure d'un moteur 230V pouvaient perturber l'alimentation de l'ARDUINO. Dans mon cas, cette alimentation est pourtant est de qualité supérieure, une MEANWELL IRM-05-5.

    Et j'avais résolu le problème en adoptant un snubber : 

    Nous allons examiner les différents cas qui peuvent être potentiellement problématiques.

    1. Quel type de charge ?

    Tout d'abord, qu'est ce qu'une charge inductive ? Il s'agit de tout type de charge comportant une inductance (un bobinage) :

    • un moteur
    • une électrovanne
    • un électroaimant ou solénoïde
    • un relais ou un contacteur
    • un distributeur pneumatique
    • etc.
    Lors de la coupure du courant dans l'inductance, une surtension apparaît aux bornes de celle-ci et peut être véhiculée à travers une alimentation et perturber la tension de sortie de celle-ci, allant jusqu'à planter un microcontrôleur alimenté par celle-ci.

    2. Oscillogrammes

    J'ai déjà publié ces oscillogrammes dans cet article

    On voit ici la surtension de 100V produite sur le collecteur du transistor de commande d'un relais 5V lors de la coupure.

    On voit également des perturbations énormes sur la ligne d'alimentation 5V : jusqu'à 1.5V aussi bien en positif qu'en négatif pendant 100µs.

    Ces perturbations pourraient facilement provoquer le plantage d'un microcontrôleur ou d'un module.

    Avec une diode de roue libre ces surtensions disparaissent :

    Tension sur le collecteur

    Tension d'alimentation 5V

    3. En courant continu

    Lorsque l'on a affaire à une charge inductive fonctionnant en courant continu, la diode de roue libre est la solution.

    3.1. Pilotage à l'aide d'un transistor

    Ici elle est mise en place, cathode au +5V, donc en inverse, aux bornes de la bobine d'un relais. On choisit de préférence une diode rapide du type 1N4148.

    Pour un moteur, une électrovanne, etc. le câblage est identique : 

    Le transistor peut être un MOSFET : 

    Remarque : tous les modules relais du commerce sont équipés de cette diode :

    Si l'on adopte un relais nu, on devra ajouter cette diode, comme sur le schéma ci-dessus.

    3.2. Pilotage à l'aide d'un relais

    Qu'en est-il si l'on pilote un moteur ou une électrovanne à l'aide d'un relais nu ? La solution ne diffère pas, chacun est équipée de sa diode de roue libre :

    3.3. Pilotage à l'aide d'un pont en H

    Un transistor ou un relais n'est pas le seul moyen de piloter un moteur continu. Un moteur continu peut également être piloté à l'aide d'un pont en H, permettant de le faire tourner dans les deux sens.

    Là encore, la majeure partie des ponts en H sont équipés de diodes de roue libre : 

    Ci-dessus le schéma simplifié de l'électronique interne d'un L293D montre 4 diodes. Mais encore faut-l ne pas se tromper de modèle, car un L293 (sans le D) n'en possède pas.

    Lire la datasheet d'un circuit de pont en H est indispensable.

    4. En courant alternatif

    Il est arrivé sur un de mes projets que la coupure d'un réfrigérateur fasse planter un montage à base de STM32. Le montage est alimenté par une alimentation 5V USB, branché sur une prise 230V proche de celle du réfrigérateur. Le simple fait de changer de prise 230V a fait disparaître le problème. Cette deuxième prise 230V est située de l'autre côté de la pièce, et est alimentée par une ligne 230V séparée de la première. Les deux lignes partent pourtant du même disjoncteur dans le tableau principal. On peut en déduire deux choses :

    • la longueur des fils 230V semble avoir un effet positif sur les parasites
    • comme le réfrigérateur est à l'origine du problème, on peut douter de la qualité de ses circuits antiparasites. Il faudrait ajouter un circuit supplémentaire sur le moteur.

    En courant alternatif, une diode de roue libre ne va pas être utilisable, car elle serait détruite instantanément par les alternances négatives. Il faut utiliser un snubber.

    4.1. Relais

    Ici on voit un relais 5V continus, équipé de sa diode de roue libre, et un moteur 230V et son snubber.

    Le snubber est constitué d'un condensateur (C2) et d'une résistance (R10) en série, autrement dit un couple RC. Il va absorber la surtension lors de la coupure du moteur. Le condensateur est en général du type X2 (auto-cicatrisant) :



    Une varistance 275V peut être utilisée en lieu et place du couple RC :


    Des modules tout faits, combinant les deux solutions (couple RC + varistance), existent :

    4.2. Où placer le snubber

    A noter : on pourrait penser que le snubber peut être placé directement en parallèle sur le contact du relais, plutôt qu'en parallèle sur la charge : 

    Théoriquement, oui, mais il y a un effet secondaire : un courant de fuite de quelques mA va circuler dans la charge, à travers le snubber, et cela peut être gênant.

    Schéma de gauche : si le contact est ouvert aucun courant ne circule.

    Schéma de droite : si le contact est ouvert un léger courant circule à travers le snubber et le moteur.

    On peut facilement le calculer. Calculons l'impédance du condensateur :

    X = 1 / (2 * Pi * F * C) = 1 / (2 * 3.14 * 50 * 0.0000001) = 31847Ω

    En ajoutant la résistance de 100Ω : 31947Ω

    Imaginons que la charge soit la bobine d'un contacteur. La résistance de celle-ci peut avoir une valeur similaire, une 30aine de KΩ. 

    Ce qui donne un courant de 230V / 60KΩ = 3.8mA

    Ce courant peut être suffisant pour activer le contacteur s'il est très sensible. On l'a déjà vu, par exemple ici :

    https://forum.arduino.cc/t/commande-pompe-piscine-via-arduino-et-relais/959401/42

    Si la charge est un petit moteur, ce courant peut être suffisant pour entraîner sa rotation.

    Il vaut donc mieux placer le snubber en parallèle sur la charge.

    4.3. Contacteur

    Un contacteur est aussi une charge inductive. Si l'on utilise un contacteur pour piloter un moteur, chacun d'eux devra être équipé d'un snubber :

    Ici il s'agit d'un contacteur à bobine 230V. Il possède son propre snubber, le moteur également. Si le contacteur est un modèle à bobine 24V ou 48V cela ne change rien au problème, le snubber est indispensable.

    Remarque : certains contacteurs sont équipés d'origine d'une varistance en parallèle sur la bobine, par exemple ce modèle de chez Finder :

    Il est à noter que la plupart des contacteurs sont bipolaires, ce qui permet de couper phase et neutre, apportant ainsi une sécurité supplémentaire. Il sont de plus beaucoup plus robustes qu'un petit relais chinois, et peuvent piloter de gros moteurs.

    5. Conclusion

    J'espère que ce petit article vous aura persuadé que les surtensions provoquées par des solénoïdes sont maîtrisables, et que vos chères alimentations, même si elles sont bien régulées et de qualité ne sont pas des protections suffisantes.


    Cordialement

    Henri


    jeudi 19 janvier 2023

    Audio : Caisson de Basses 38cm (version table basse)

     


    Audio : Caisson de Basses 38cm

    (version table basse)


    Bonjour. Aujourd'hui nous allons laisser de côté les ARDUINOs et autres ESP32 et STM32 pour une petite évasion vers ce qui reste ma passion principale : la musique et l'audio.

    J'avais présenté il y a un peu plus de deux ans deux caissons de basses passifs équipés l'un d'un haut-parleur de 38cm, l'autre d'un 31cm :

    Audio : Caisson de Basses 38cm

    Audio : Caisson de basses ONKEN

    Suite à un déménagement récent, il s'avère que ces caissons sont plutôt encombrants pour mon nouveau séjour. Le caisson ONKEN étant destiné à une future salle dédiée musique, j'envisage de reprendre le caisson de 38cm pour en faire une table basse de salon.

    Certains fabricants proposent des caissons pouvant servir de table basse de salon, comme l'ancien 3A TR800 : 

    Pourquoi ne pas en faire autant ?

    Comme il s'agit ici de reprendre le haut-parleur BEYMA 15MC500 du projet précédent, la table basse risque d'être volumineuse :

    Le caisson précédent avait un volume de 176 litres. Ce volume est idéal pour ce haut-parleur en bass-reflex, il n'y a aucune raison d'en changer.

    La feuille de calcul précédente a été reprise : 

    https://bitbucket.org/henri_bachetti/bass-reflex-cabinet

    La nouvelle feuille se nomme Calcul_Bass-Reflex-BEYMA-15MC500-table-basse.ods

    1. Calculs

    Si l'on veut réaliser une table basse d'une hauteur assez conventionnelle, il est assez difficile d'envisager plus de 50cm de hauteur. Avec une largeur et une longueur de 80cm, cela conduit à une hauteur de caisson de 33cm. Si l'on ajoute des pieds de 17cm, la hauteur totale est de 50cm.

    La feuille de calcul citée précédemment permet de jouer avec les dimensions, afin d'adapter au mieux la géométrie de la table aux besoins de chacun.

    Le BEYMA 15MC500 a une hauteur de 156.5mm. Il ne s'agit pas de fabriquer une table dont la hauteur interne serait inférieure à cette cote. D'autre part il va falloir caser les évents bass-reflex dans cet espace restreint.

    Le calcul donne une longueur d'évent de 23.1cm. Le matériau que j'ai choisi est du MDF 28mm d'épaisseur. Sur 33cm de hauteur, il reste peu d'espace entre l'extrémité des évents et le fond du caisson : 

    E = 330mm - 231mm + 28mm = 127mm

    C'est assez peu par rapport au diamètre des évents : 100mm. C'est pour cette raison que j'ai choisi d'opter pour des évents coudés.

    2. Réalisation

    Comme dit plus haut, le matériau choisi est du médium de 28mm. Les cotes des panneaux sont les suivantes : 

    • faces dessus et desssous : 80cm x 80cm
    • côtés : 80cm x 33cm
    • côtés : 85.6cm x 33cm

    Encore une fois, la feuille de calcul citée précédemment permet d'adapter le projet à ses propres besoins, de choisir une épaisseur de matériau, une largeur et une longueur différentes.

    D'autres matériaux peuvent être choisis, du contreplaqué multi-plis de bouleau pas exemple, qui paraît-il est ce qui se fait de mieux pour ce genre d'application.

    Les panneaux sont collés et vissés à l'aide de vis de 5mm x 70mm. Cette longueur peut sembler trop importante mais le MDF est un matériau assez fragile et il vaut mieux avoir une longueur de vissage importante. Si l'on utilise une visseuse, il faut faire très attention en fin de vissage, ne pas forcer exagérément afin de ne pas provoquer de rupture du matériau. Il est également conseillé de faire des avant-trous. L'article précédent donne des conseils utiles.

    3. Photos

    Voici quelques photos de la réalisation : 

    Une ouverture de 35cm est pratiquée dans la face inférieure pour loger le haut-parleur.

    Chaque évent est constitué d'un petit morceau de PVC de diamètre 100mm, de 80mm de longueur, et d'un coude à 90° de 100mm, assemblés à la colle PVC. La longueur totale doit être de 231mm, mesurée dans l'axe de l'évent. Il est impossible bien entendu de mesurer physiquement cette longueur. On peut l'obtenir simplement en faisant la moyenne de la longueur externe (le grand virage) de l'évent et de la longueur interne (le petit virage).

    L'assemblage du tube et du coude que j'ai utilisé a une longueur interne de 20cm, et une longueur externe de 33cm, ce qui donne une longueur médiane de :

    L = (33 + 20) / 2 = 26.5cm

    Il faut donc recouper le coude :

    l = 265 - 231 = 34mm

    Cette recoupe n'est pas encore réalisée sur la photo.

    Les pieds de la table sont constitués de 4 morceaux de madrier de section 10cm x 10cm de 17cm de longueur, fixés par l'intérieur à l'aide de vis de 5mm x 70mm.

    Les évents sont mis en place, puis la plaquette support pour le bornier : 


    Pour terminer, le BEYMA 15MC500 est relié au bornier par un câble de section 4mm², et fixé au caisson à l'aide des 8 vis fournies.

    La table basse est prête pour l'apéritif :

    L'amplificateur utilisé est le modèle 2.1 décrit ici :

    Audio : Amplificateur TPA3116 classe D 2.1

    Les enceintes sont celles-ci :

    Audio : Enceinte Supravox 215 RTF64

    Et quoi de mieux pour tester l'ensemble que d'écouter EXODUS de Bob Marley ?

    4. Conclusion

    Le résultat est à la hauteur du précédent caisson. Il ne reste plus qu'à démonter celui-ci pour la finition. Je pense à de la laque, et à une plaque de verre de 6mm d'épaisseur, posée sur des petits patins de silicone, pour couvrir la table.

    Pour le côté audio, il reste bien entendu à faire certains réglages, comme d'habitude, à l'aide du logiciel REW, car on ne remplace pas un caisson par un autre, surtout dans une salle d'écoute différente, sans un minimum de mesures : 

    REW : Faire des Mesures en Audio

    Un dernier détail : le caisson complet pèse 55Kg. Si vous envisagez ce genre de réalisation il faudra vous faire aider pour le déplacer de votre atelier à votre salon.


    Cordialement

    Henri