Linux : partitionner
Cet article fait suite à celui-ci : Fin de Windows 10 : et ensuite ?
Vous faites peut être partie des utilisateurs Windows qui ont décidé de migrer sous Linux ? Dans ce cas, il est préférable de bien débuter cette migration, et nous allons accorder une attention particulière à la création des partitions.
1. L'importance de la partition utilisateur
Sous Linux, le partitionnement par défaut (racine et espace d'échanges) peut convenir dans la majeure partie des cas, surtout sur des supports de capacité réduite, mais cette manière de procéder est loin d'être la meilleure. La création d'une partition /home (qui regroupera les données liées aux comptes utilisateurs) est particulièrement recommandée.
L'avantage de créer une partition /home séparée est qu'il est beaucoup plus simple de conserver son espace utilisateurs en cas de réinstallation complète (installation d'une autre distribution que Ubuntu, réinstallation propre, etc.).
L'autre avantage est de limiter les risques en cas de crash disque (voir commentaire plus bas).
Il est bien sûr possible de créer une partition utilisateurs après coup, mais il est beaucoup plus facile de le faire dès le départ.
2. Démarrons
Lors de l'installation, après avoir choisi la langue du système et du clavier, nous allons cocher les cases "Télécharger les mises à jour pendant l'installation" et "Installer les logiciels tiers" :
Après avoir cliqué sur "Suivant", l'installation nous demande quelle est le type de partitionnement que nous souhaitons adopter :
Nous allons choisir "Autre chose" et cliquer sur "Suivant".
Si Windows est installé sur votre machine vous allez devoir faire un choix :
- supprimer les partitions Windows
- redimensionner la plus grande partition Windows pour accorder de l'espace à Linux
- ajouter un deuxième disque dur pour Linux
- utiliser une ancienne machine
Si vous choisissez de supprimer les partitions Windows, il vous suffit de faire un clic droit sur chaque partition et de choisir "Supprimer". Votre espace non alloué va augmenter jusqu'à ce qu'il occupe tout l'espace disponible. Mais avant tout, il va falloir sauvegarder vos données. Soit vous le faites sur un disque dur externe que vous possédez déjà, soit vous achetez un deuxième disque.
Le deuxième choix qui s'offre à vous est de redimensionner la plus grande partition Windows. Encore faut-il qu'il y ait de l'espace disponible en quantité suffisante. Une cinquantaine de Go me paraît un minimum. Dans ce cas il faut faire un clic droit sur la partition concernée et choisir "Redimensionner / Déplacer". Choisissez simplement la nouvelle taille pour votre partition.
La troisième option est d'ajouter un deuxième disque pour Linux que vous pourrez partitionner selon votre envie. Il peut très bien s'agir d'un ancien disque déniché dans un tiroir. S'il s'agit d'un disque neuf, il y a de fortes chances que vous ayez à créer une table des partitions. Avec GPARTED, sélectionner le disque en haut à droite, puis cliquer sur "Périphérique / Créer une table de partition".
Enfin, utiliser une ancienne machine peut être une approche possible. Mais attention, toutes les distributions ne seront pas aptes à tourner sur une antiquité. Lire les "exigences minimales" de chaque distribution peut permettre d'éviter de faire de mauvais choix.
Que vous supprimiez ou redimensionniez ou créiez une ou plusieurs partition, il ne faut pas oublier de cliquer sur "Appliquer toutes les opérations" pour valider vos choix.
Quelle que soit la solution adoptée, il va vous falloir créer les partitions nécessaires au fonctionnement de Linux. Pour ce faire, il vous suffit de faire un clic doit sur l'espace non alloué et de choisir "Nouvelle".
Il est préférable dès le départ de créer au moins 3 partitions :
- / (racine, espace système)
- /home (espace utilisateur(s))
- swap (espace d'échanges)
Quelle taille donner aux différentes partitions ?
Pour ma part, sur une distribution Ubuntu, ma partition racine a une taille de 50 Go, dont 32 Go sont occupés. La taille du espace d'échanges sera au moins égale à la taille de la RAM. Tout le reste est attribué à l'espace utilisateur /home.
Mais tout dépend de votre distribution, certaines sont plus gourmandes que d'autres. Mais l'écart est assez faible, une Ubuntu réclamera environ 25Go minimum, contre 20Go pour une Mint, ou 10Go pour une Lubuntu.
3. Réutilisation de la partition /home
Lors d'une réinstallation totale du système, s'il est bien entendu préférable de reformater la partition racine (/) afin de ne pas laisser de résidus indésirables, il ne faut surtout pas oublier de décocher la case "Formater la partition" de votre partition /home, ainsi toutes vos données seront conservées :
Mais une réinstallation totale est rarement nécessaire. Les mises à niveau (changement de version) sont extrêmement fiables.
4. 2006 : 20 ans déjà
Depuis 2006, pour des raisons de taille, j'ai à de nombreuses reprises changé de disque dur. J'ai également changé de système pour installer la distribution Debian, puis réinstallé à nouveau Ubuntu, tout cela sans jamais reformater ma partition /home. La réinstallation sur un nouveau disque se fait très facilement, en démarrant sur une clé USB, à l'aide de GPARTED, en faisant un clonage de partition(s).
Cordialement
Henri




En plus de permettre de mettre a jour, re-installer, changer de distribution facilement, une partition /home séparée facilite aussi grandement les choses en cas de crash disque.
RépondreSupprimerD’abord, le système fait beaucoup plus d’écritures dans la partition système (vu qu’il y écrit des logs a peu près tout le temps) donc quand il y a un crash disque la probabilité que le problème se situe dans la partition système est grande. Avec une seule partition, le seul système de fichiers présent est corrompu et donc illisible. Les données personnelles sont dedans. Avec une partition /home séparée, la partition système est corrompue et illisible mais la partition /home reste fonctionnelle et facile a copier.
Ensuite, si le crash disque arrive dans la partition /home, il va falloir sauvegarder la partition en l’état avec ddrescue puis tenter de réparer le système de fichiers avec fsck ou de récupérer les fichiers présents avec photorec. Dans les 2 cas ca se passe beaucoup mieux si la partition ne contiens que les données personnelles. Si il n’y a qu’une partition et que donc les données personnelles sont mélangées au très grand nombre de fichiers système, c’est de suite nettement plus difficile et fastidieux.
Merci, j'ai ajouté un lien sur votre commentaire.
Supprimer